Villeneuve-le-Guyard
-
Informations pèlerins
Hébergements proches :
Accueil pèlerins – DEFONTAINE Anne : 5 rue du Clos Terreau à Chaumont (4 km) – 3 places – Repas et petit-déjeuner possibles (en LPF**) – 06.87.55.56.89 – annedftn@gmail.com – Tarif : 20 €
-
Informations pratiques
Boulangeries :
Le Fournil De Johan : 16 Grande rue – Lundi au samedi : 8h-13h, 15h30-18h30 – Dimanche : 7h30-13h – 03.86.66.89.62
Jean Mahr : 48 Grande rue – Lundi, mardi, jeudi au samedi : 8h15-19h30 – Dimanche : 8h15-13h00 – 03.86.66.44.89
Épiceries / Supermarchés :
Panier Sympa : 28 Grande rue – Mardi : 8h-13h – Mercredi au vendredi, et le dimanche : 8h-13h et 15h-20h – 03.86.66.44.02
Intermarché SUPER : 1 rue Guillaume des Barres – Lundi au samedi : 8h30-21h – Dimanche : 8h30-13h – 03.86.66.45.45
Pharmacie :
Pharmacie du Centre : 22 Grande rue – Lundi au vendredi : 9h-12h30,14h-19h15 – Samedi : 9h-12h30, 14h-18h – 03.86.66.42.53
Restaurants/ Brasseries :
Mr BOMS : 55 Grande rue – Ouvert tous les jours : 8h-15h et 18h-22h – 03.86.97.29.35
Au Bon Coin : 1 Grande Rue – Mardi à vendredi : 7h-20h Samedi : 8h-20h – Dimanche : 8h-13h – 03.86.65.95.16
Le Point Gourmand : 17 rue de l’Église – Ouvert le vendredi : 19h30-23h30 – 03.86.66.42.30
Gare SNCF :
Gare de Villeneuve-la-Guyard : 89 avenue de la Gare
-
Histoire et patrimoine
6 000 ans d’histoire : le CV le plus long de l’Yonne
Le territoire de Villeneuve-la-Guyard est occupé depuis l’Antiquité, comme l’atteste le site des falaises de Prépoux. Celui-ci révèle une succession exceptionnelle de niveaux archéologiques, témoignant d’une présence humaine continue depuis le Néolithique jusqu’à l’Âge des métaux.
Dès les premières occupations, à la fin de la culture rubanée, on observe l’existence de villages accompagnés d’une nécropole. Le site connaît ensuite plusieurs phases de développement au cours du Néolithique : un camp attribué à la culture de Cerny, puis des installations liées à la culture Chasséen-Michelsberg, parfois organisées en camps fortifiés. D’autres occupations se succèdent encore au IVᵉ millénaire av. J.-C., montrant la continuité de l’implantation humaine.

À l’Age du bronze final (-1 800 à -800 av. J.-C.), puis jusqu’à la l’Âge du fer (-800 à -50 av. J.-C.), le site est principalement utilisé comme espace funéraire, avec une vaste nécropole comprenant plus d’une centaine de sépultures. Cette longue fréquentation témoigne de l’importance du lieu dans les pratiques rituelles et d’inhumation des populations anciennes.
À l’époque romaine, le territoire s’intègre dans les réseaux de circulation de la Gaule. Une voie romaine traverse alors le site d’Est en Ouest, reliant Villeneuve-la-Guyard aux grands axes de communication de l’Empire. Cette infrastructure marque la continuité de l’occupation du site, désormais intégré à l’organisation territoriale romaine.
De Guillaume à Jean-Paul : une succession de seigneurs
Les premières mentions de Villeneuve-la-Guyard apparaissent vers 1176. Son nom pourrait être lié aux familles des Barres ou à un prénom, Guy ou Guillaume, à l’origine du toponyme « Guyard ».
Le chevalier Guillaume des Barres est une figure de la chevalerie française du tournant des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles. Issu d’une puissante famille du Gâtinais, il se distingue par son courage et son habileté militaire au service du roi Philippe II Auguste. Il participe notamment à plusieurs campagnes contre les Plantagenêts et joue un rôle important dans les conflits opposant le roi de France à Richard Cœur de Lion puis à ses successeurs. Reconnu pour sa bravoure, Guillaume des Barres est souvent cité parmi les grands chevaliers de son temps, incarnant l’idéal chevaleresque de loyauté et de valeur militaire.
La seigneurie est longtemps dominée par la famille des Barres, avec Jean des Barres au début du XIVᵉ siècle, suivi de ses descendants jusqu’à Claude des Barres, qui confirme ses droits sur la terre en 1507. À cette époque, la seigneurie est déjà morcelée et liée à plusieurs lignages.
Au XVIᵉ siècle, la famille d’Aunay prend une place importante. Jacques d’Aunay puis ses descendants possèdent progressivement l’ensemble du domaine. Par alliances et héritages, la terre passe ensuite à la famille de Goué, qui la détient du XVIᵉ au XVIIᵉ siècle, avant de la transmettre à différentes branches alliées, dont les Baugy et les Tuffin de la Royerie.
Au XVIIIᵉ siècle, la seigneurie change de mains à plusieurs reprises. Elle est notamment acquise en 1763 par Jean-Paul Grandjean de Fouchy, savant et académicien des sciences. En 1776, elle est achetée par la famille de Paris-Labrosse, qui la conserve jusqu’à la Révolution.
Ainsi, la seigneurie de Villeneuve-la-Guyard illustre une longue succession de lignages nobles, marquée par les alliances familiales, les héritages et l’intégration progressive au réseau des grandes familles du royaume.
Un puzzle architectural de 800 ans (et toutes les pièces ne s’emboîtent pas)

Dédiée à Saint-Germain, évêque d’Auxerre, l’église de Villeneuve-la-Guyard constitue l’un des principaux témoins du patrimoine religieux de la commune. Son architecture révèle une histoire complexe, faite de constructions successives, de remaniements et de restaurations.
L’édifice se compose d’une nef relativement vaste à quatre travées, flanquée de bas-côtés séparés par des piles cylindriques. Le chœur, presque aussi long que la nef, s’ouvre sur une travée droite prolongée par une abside à cinq pans. Deux chapelles latérales encadrent cet espace, dont la chapelle sud, surmontée d’un clocher, marquant fortement la silhouette de l’église dans le paysage du bourg.
La construction ou la reconstruction majeure de l’église semble intervenir au début du XVIᵉ siècle, dans un contexte où Villeneuve-la-Guyard accède au statut de ville en 1546. Cette évolution s’accompagne d’un renforcement de l’importance de l’église paroissiale, qui devient à la fois un lieu de culte et un espace de représentation sociale. Les familles les plus influentes du bourg choisissent alors d’y faire inhumer leurs défunts, comme en témoigne l’épitaphe de Jean Michel, marchand décédé en 1595, dont le cœur reposait dans la nef.

Malgré cette campagne de reconstruction, l’édifice conserve probablement des éléments plus anciens, notamment dans le chœur. Certains indices architecturaux, comme des différences dans l’appareil des maçonneries ou la présence de modillons sculptés, suggèrent en effet une origine remontant à la fin du XIIᵉ siècle. Des sources du XIXᵉ siècle évoquent même des arcatures (série d’axes juxtaposés, essentiellement décoratifs) romanes aujourd’hui disparues ou profondément remaniées lors de restaurations ultérieures.
La nef adopte quant à elle une structure caractéristique du gothique tardif en Île-de-France : un espace à trois vaisseaux, relativement dépouillé, où les grandes arcades reposent directement sur les piles, sans chapiteaux intermédiaires. Les nervures de la voûte s’appuient sur de petits culots sculptés (petits supports en surplomb), témoignant d’une recherche de simplicité et d’efficacité structurelle. Le portail sud, plus travaillé, illustre un moment de transition stylistique, mêlant encore des héritages médiévaux à des influences déjà Renaissance.
Au fil des siècles, l’église a subi plusieurs dégradations et interventions. Des désordres structurels ont notamment touché certaines piles de la nef et le clocher, nécessitant des reprises de maçonnerie au XXᵉ siècle puis de nouvelles consolidations au début du XXIᵉ siècle. Ces campagnes de restauration, soutenues par des organismes de sauvegarde du patrimoine, ont permis de stabiliser l’édifice et d’en préserver les éléments essentiels.
Ainsi, l’église de Villeneuve-la-Guyard apparaît comme un monument stratifié, où se lisent à la fois les traces du Moyen-Âge, les transformations de l’Époque Moderne et les interventions contemporaines, témoignant de la continuité de son rôle au cœur de la vie locale.
Montée dans la gare du progrès
La gare de Villeneuve-la-Guyard est créée dans le cadre de la construction de la ligne de chemin de fer reliant Paris à Lyon, au milieu du XIXᵉ siècle. Elle est édifiée par l’État lors des travaux du tronçon entre Montereau et Tonnerre, puis mise en service le 12 août 1849 avec l’ouverture de la section Paris–Tonnerre.
En 1852, après avoir assuré la réalisation des travaux, l’État rétrocède la ligne à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon. La gare apparaît alors comme une étape importante de la ligne, située entre Montereau et Pont-sur-Yonne, à environ 90 km de Paris et 425 km de Lyon. À cette époque, la commune compte environ 1 900 habitants, et la station est déjà représentée dans les guides de voyage comme un point notable du parcours.
En 1857, la gare passe sous le contrôle de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), lors de la fusion et de la réorganisation du réseau ferroviaire. Elle s’inscrit alors durablement dans le développement des transports modernes, contribuant à l’ouverture et à la croissance économique de la région.
Bichain : le petit hameau où Debussy a composé La Mer… sans voir l’océan
À l’été 1901, le compositeur Claude Debussy s’installe pour la première fois à Villeneuve-la-Guyard, dans le petit hameau de Bichain. Il y séjourne environ un mois avec son épouse Lilly, accueilli par la famille de cette dernière. À l’époque, le lieu est encore une campagne isolée, à la frontière de la Bourgogne et de l’Île-de-France, offrant un cadre calme et retiré.

Ce séjour répond à un double objectif : permettre à Lilly de se reposer, sa santé étant fragile, et offrir à Debussy un environnement propice à la création. Le compositeur y trouve en effet la tranquillité nécessaire pour poursuivre et achever la partition orchestrale de son opéra Pelléas et Mélisande, l’une de ses œuvres majeures.

Grâce aux lettres, aux partitions rédigées sur place, à quelques photographies et aux témoignages d’habitants du village, il est possible de reconstituer avec précision ce séjour, ainsi que ceux qui suivront en 1902 et 1903. Ces retours réguliers à Bichain correspondent à une période particulièrement féconde de sa carrière, durant laquelle il compose notamment Les Estampes et surtout La Mer, œuvre emblématique de son langage musical.
Ainsi, la maison de Bichain reste associée à une étape importante de la vie de Debussy, à la fois refuge personnel et lieu de création, où se sont élaborées certaines de ses pages les plus célèbres. Cette demeure est ouverte à la visite.


