Villeneuve-sur-Yonne
Informations pèlerins


Hébergements à Villeneuve-sur-Yonne :
- Accueil pèlerins – DER AGOBIAN Flore et Michel : 2 rue du Commerce – 1 à 2 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 06.52.56.81.83 – florederagobian @yahoo.fr – Tarif : 30 € – Prévenir 24h à l’avance
- Accueil pèlerins – LÉGER Anissa : 21 rue Thénard, La Haute Épine – 6 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 03.86.83.31.94 ou 06.71.26.17.67 – anissaetguy@gmail.com – Tarif : 35 €
- Accueil pèlerins – ROBY Isabelle et MÉNARD Guy : 24 rue du Collège – 1 à 2 places – Demi-pension en LPF** – 07.86.59.59.25 – mcaroby@gmail.com – Tarif : LPF** – Réservation 48h à l’avance
- Camping Le Bourgogne : 14 rue du Saucil – Tentes et mobil-homes disponibles – 06.45.73.77.22 – lebourgogne@orange.fr
Informations pratiques
Boulangeries :
Le Fournil : 16 Rue Carnot – Ouvert du lundi au dimanche : 5h-20h – 03.86.87.15.05
Épiceries / Supermarchés :
Pharmacies :
Pharmacie de la République :11 place de la République – Ouvert du lundi au jeudi : 9h-12h30, 13h30-19h – 03.86.87.07.77
Restaurants :
Le Vieux Tilleul : 1 Avenue Roland Bonnion – Mercredi et dimanche : 12h-13h30 – Jeudi au samedi : 12h-13h30, 19h30-21h – 03.86.83.08.98
Gare SNCF :
Gare de Villeneuve-sur-Yonne : 19 rue de la Gare
Histoire et patrimoine
Le roi Louis VII le Jeune, fils cadet de Louis VI le Gros né en 1137, est le fondateur de la cité. Elevé à l’abbaye de Saint-Denis, il n’était pas destiné à régner avant que ne meure le 13 octobre 1131 son frère Philippe d’une chute de cheval provoquée par la divagation de porcs dans les rues de Paris… ce qui allait être interdit à la suite de cet accident !
Ouvrez les portes de l’histoire
Villeneuve-sur-Yonne, alors appelée Villeneuve-le-Roi, est née aux alentours de 1163, de la volonté
de ce roi qui désirait protéger les limites du royaume de France face au Comté de Champagne. Il acheta donc un territoire appartenant aux Prémontrés de Saint Marien d’Auxerre. Plusieurs aménagements virent le jour : le pont, les murailles d’enceintes flanquées de tours précédées de fossés profonds, les portes fortifiées dont deux subsistent. Parallèlement la rive gauche se développa à partir de l’ancien village, appelé « Villefolle ».
Les plus grandes villes prospèrent sur les axes commerciaux actifs, mais aussi au sein des plus riches terroirs agricoles, comme dans le territoire royal. Les « villeneuves » du Bassin parisien sont liées aux grands défrichements.
Le XIIᵉ siècle voit la diversification des fonctions des villes, leur naissance ou leur expansion. Un grand nombre de ces petites villes neuves vivent du marché hebdomadaire, des travaux agricoles et de quelques activités artisanales.
Les fortifications de la ville sont l’œuvre du roi Philippe-Auguste, qui poursuit l’œuvre de son père Louis VII. L’enceinte fortifiée se déployait sur 1 950 mètres, garnie de six tours, et s’ouvrait par quatre grandes portes. La porte du pont ouvrait sur Villefolle, la porte de Notre-Dame de Valprofonde sur la forêt d’Othe, la porte au Nord sur Sens, celle au Sud sur Joigny. Une cinquième plus petite, la porte de Rampillon ouvrait sur les coteaux. L’enceinte est entourée de fossés -aujourd’hui, les promenades-.
Ce rempart, pouvant atteindre 6 mètres de hauteur, était sommé d’un chemin de ronde, protégé par un parapet percé de créneaux espacés de merlons. Le tracé des murs était émaillé de tours circulaires ou semi-circulaires. Des planchers séparaient ces tours en 3 étages.
Ces remparts furent totalement vendus aux Villeneuviens en 1832, quelques propriétaires en ont conservé des éléments, d’autres les ont détruits.
Entrée interdite aux envahisseurs
La porte de Sens a été édifiée dès le règne de Philippe-Auguste et constitue un exceptionnel témoignage des fortifications médiévales. Elle présente toujours son dispositif défensif caractérisé par ses tours latérales en éperon pour assurer un maximum de protection. Sous la voûte se distingue les rainures où coulissaient les deux herses qui assuraient la fermeture de la porte. Le système dispose de 4 archères qui permettaient aux défenseurs d’attaquer en tirs croisés un éventuel ennemi qui aurait pu passer le dispositif. Des assommoirs, placés en avant de la première herse complétaient la construction. Intra-muros subsistent des escaliers qui permettaient d’accéder à l’étage et aux courtines qui ceignaient la ville.
La porte de Joigny au Sud conserve également un plan caractéristique s’approchant de celle de Sens. Mais la Renaissance a fortement remanié le monument en ouvrant sa façade de fenêtres à meneaux et en le couronnant d’une haute toiture d’ardoise surmontée de deux statues de plomb représentant les archanges protecteurs de la ville. Du XVIIIᵉ siècle à 1837, cette porte a abrité la mairie de la ville et accueille aujourd’hui le Musée-Galerie Carnot et le Musée de la Gendarmerie.
210 mètres d’histoire
Premier monument terminé de la ville, attesté de la ville neuve royale, dès 1186, le pont Saint-Nicolas est le vecteur des échanges commerciaux entre le Gâtinais ou les pays de Loire et les foires de Champagne. Long de 210 mètres, ce pont s’appuie sur la seule île rescapée des aménagements du XIXème siècle : l’île d’Amour. Elle porte les vestiges d’un élément de la défense avancée de la ville, la tour Barbe, qui servait alors d’octroi. Les arches du côté de la fausse rivière sont les plus anciennes. En 1735, Germain Boffrand reconstruisit 3 arches en remplacement des 4 écroulées sur les 7 existantes. Par la suite, plusieurs arches furent à nouveau reprises de part et d’autre et encore élargies pour faciliter le trafic fluvial.
Le Donjon XXL
Le Donjon, ou la Grosse Tour, est liée au règne de Philippe-Auguste, qui succède à Louis VII. Il fit de Villeneuve une de ses huit résidences royales, et décida de l’édification de cette tour. La construction fut rapide, implantée sur le tracé de l’enceinte fortifiée sans en faire partie intégrante. On sait que le premier registre de Philippe Auguste, rédigé de 1204 à 1211 et conservé à la Bibliothèque vaticane, contient des devis de travaux pour certaines fortifications décidées par le roi : Orléans, Laon, Péronne, Villeneuve.

Tous les caractères des constructions de ce prince s’y trouvent d’ailleurs réunis : plan circulaire, soubassement en talus haut de 3m55, portes opposées au rez-de-chaussée et prises l’une et l’autre dans un encadrement rectangulaire, murs épais de près de quatre mètres, diamètre extérieur de 15 mètres environ, salles couvertes de voûtes sur croisées d’ogives à six branches (aujourd’hui écroulées), escalier en vis pris dans le mur. L’alternance, irrégulière, d’assises foncées en calcaire dur et d’assises claires en pierre tendre donne à la tour de Villeneuve une particulière beauté. On remarque aussi la présence de trous de boulin qui montent, deux par deux, en hélice de la base au sommet de la construction et qui prouvent que les matériaux ont été hissés sur une rampe inclinée fichée dans la muraille. La comparaison du donjon réalisé avec le devis qui en prescrit les dimensions, fait apparaître que les maçons les ont quelque peu modifiées : Si la tour était bien entourée d’un fossé maçonné, pourvue de deux pont-levis, les cotes n’ont pas été tout à fait respectées : les murs n’ont que 3m90 d’épaisseur au lieu de 4m95, le diamètre intérieur étant porté à 7m60 au lieu de 6m60 ; par contre, la hauteur qui n’est plus que de 21m55, atteignait certainement les 27m indiqués au devis.
Considérée comme achevée dans les années 1220, elle est citée dans l’inventaire d’armement des forteresses royales et abrite pas moins de 10 000 carreaux d’arbalètes, faisant de Villeneuve un des arsenaux les mieux pourvus du royaume.
La grande dame gothique de Villeneuve
Derrière sa façade Renaissance, l’église Notre-Dame est l’un des plus beaux édifices gothiques de l’Yonne. Démarrée vers 1215, elle est dédiée à la Vierge, dont le culte a pris beaucoup d’ampleur avec Saint-Bernard. Le chœur et les premières travées de la nef sont un bel exemple du gothique rayonnant. Bien que la construction se soit échelonnée du XIIIe au XVIe siècle, l’ensemble présente une assez grande unité architecturale, les architectes ayant privilégié les changements des éléments tels que les chapiteaux, les fenêtres et la modénature. A l’intérieur, l’influence du gothique champenois se fait sentir dans l’omniprésence des grandes baies, par le passage au-dessus des arcades des bas-côtés. On peut noter une formule novatrice, le percement d’une ouverture circulaire appelée “oculus”dans les voutains pour alléger leur poids.

Le chœur a été réaménagé entre 1756 et 1759 dans un décor rocaille assez chargé. La parure de vitraux est assez disparate entre les fenêtres hautes du chœur où 4 fenêtres au nord ont gardé leurs vitraux du XIIIe siècle. Deux fenêtres de la nef ont été garnies par des remontages d’éléments du XVIe siècle, dont un très beau Jugement Dernier malheureusement incomplet.
La façade est inspirée du modèle antique des arcs de triomphe avec ses trois portails en plein cintre. La partie haute de la façade, projetée en 1575 par l’architecte Jean Chéreau ne sera achevée qu’en 1597, date figurant à la pointe du pignon. De manière exceptionnelle, le dessin original du projet est conservé au Musée-Galerie Carnot. Les deux tours monumentales sont demeurées inachevées.