Pont-sur-Yonne

Informations pèlerins

 

Hébergements à Pont-sur-Yonne :

Café Hôtel aux 3 Rois : 6 rue de la Résistance – 09.53.64.09.75 – Tarif : 50 € – 60 €

Hébergements proches :

Accueil pèlerins – VINCENT Véronique : 12 place de la liberté à Lixy (10 km) – 4 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 06.84.70.13.06 – veronique.vincent82@sfr.fr – Tarif : LPF** – Vient chercher

Accueil pèlerins – LORNE Marthe et René : Ferme de Branchette à Saint-Denis-lès-Sens (9 km) – 4 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 03.86.64.63.02 ou 06.75.68.20.59 – marthe.lorne89@gmail.com – Tarif : LPF** – Vient chercher à Courtois ou Pont-sur-Yonne

Informations pratiques

Boulangeries :

Le Vieux Pont : 10 rue du Pont – Mardi au samedi : 6h-13h, 15h30-19h – Dimanche : 6h30-13h30 – 08.91.65.47.19
Artisan Boulanger Pâtissier Céline & Julien : 24 rue de la Gare – Lundi, mercredi au vendredi : 6h-20h – Samedi : 6h30-20h – Dimanche : 6h30-14h – 03.86.95.50.42

Épiceries / Supermarchés :

Carrefour Express : 3 rue Château – Lundi au samedi : 8h-20h – Dimanche : 9h-13h – 03.86.83.48.09
Vival : 27 place Eugène Petit – Lundi au vendredi : 9h-14h et 16h-22h – Samedi : 9h-23h – Dimanche : 8h-22h – 03.86.67.08.68
U Express : Lieu Dit Les Hautes Veuves – Lundi au samedi : 8h-20h – Dimanche : 8h30-12h30 – 03.86.67.90.70

Restaurants :

La Cantine de l’Ecu : 3 rue Carnot – Lundi au samedi : 12h-14h30 – 07.80.39.14.30

Baraka : 4 rue du Pont – Mardi au samedi : 7h-13h30 et 17h-21h30 – Dimanche : 6h30-15h – 03.86.95.20.82

Pharmacie :

Pharmacie Florence Truchot : 17 Bis rue Gare – Ouvert du mardi au samedi 9h-12h, 14h-19h – 03.86.67.19.00

Gare SNCF :

Gare de Pont-sur-Yonne : 23 rue de Bourdeau

Histoire et patrimoine

Fouillez où vous voulez, il y a quelque chose

L’archéologie de Pont-sur-Yonne révèle une occupation humaine ancienne et continue, particulièrement bien documentée par de nombreuses découvertes funéraires. Les premières traces remontent au Néolithique (fin du IVe millénaire av. J.-C.), avec une sépulture collective située au Nord du bourg. L’Âge du bronze est attesté par des enclos circulaires à Beaujeu, tandis que l’Âge du fer a livré des fosses de crémation où les défunts étaient incinérés avec leurs armes et leurs parures.

Des tombes contenant armes et insignes suggèrent la présence de soldats de l’époque romaine, comme des objets d’origine lointaine, notamment germaniques, retrouvés dans les sépultures. La nécropole de la Plante-aux-Chiens illustre cette diversité culturelle et témoigne de l’installation probable de populations liées à l’administration de l’Empire romain tardif.

Les objets découverts confirment l’intégration de Pont-sur-Yonne dans des réseaux d’échanges à grande échelle. Des fibules d’inspiration germanique ou celtique, des céramiques importées de Grande-Bretagne et des monnaies venues de Macédoine montrent l’ampleur des contacts commerciaux, favorisés par la voie romaine reliant Sens à Paris et par la navigation sur l’Yonne.

La prospection aérienne, développée dans les années 1960, a également permis d’identifier des vestiges d’habitations et d’activités économiques (agriculture, viticulture, artisanat). Des traces anciennes de culture de la vigne et de métallurgie pourraient remonter à l’Âge du fer. Enfin, la situation géographique de la commune suggère une activité portuaire dès l’époque romaine, renforçant son rôle dans les échanges régionaux et interrégionaux.

Le pont : toujours en service, parfois en morceaux

Le pont de la ville joue depuis longtemps un rôle essentiel dans le développement de la ville, en reliant les deux rives de l’Yonne et en facilitant les échanges commerciaux. Sa première mention remonte à 833, dans une charte de l’archevêque de Sens. Reconstruit au Moyen Âge par les autorités religieuses, il devient une source de revenus importante, bien que sa présence pénalise alors l’activité des bateliers.

À l’Époque Moderne, son mauvais état conduit les habitants à alerter Louis XIV en 1672. Le pont est alors reconstruit entre 1684 et 1700 dans le cadre d’un programme royal, sous la direction de l’ingénieur Michel de Frémin, qui innove en utilisant le grès local et en développant de nouvelles techniques de construction.

Au XIXe siècle, l’augmentation du trafic entraîne sa modernisation. Cependant, le pont est détruit à plusieurs reprises lors des conflits de 1870, de la Première Guerre mondiale et en 1940, où il est dynamité pour freiner l’avancée ennemie. Lors de ces événements, le général allemand Hermann Ritter von Speck est tué. Il est le seul général allemand à avoir été tué sur le territoire français pendant la Guerre.

Remplacé dès 1935 par un nouvel ouvrage, mis en service en 1942, l’ancien pont de pierre est aujourd’hui partiellement conservé et classé aux monuments historiques depuis 1997, offrant un paysage pittoresque.

Le pont actuel, emprunté quotidiennement par des milliers d’usagers, a fait l’objet d’une importante modernisation en 2020. Ce chantier technique, mené sans interrompre la circulation, a notamment consisté à installer une nouvelle structure métallique de grande ampleur, témoignant de l’importance toujours stratégique de ce passage pour la commune.

Des chanoines partout, même sous le pont

Au Moyen-Âge, la paroisse de Pont-sur-Yonne dépend du diocèse de Sens, plus précisément du doyenné de Marolles. Les premières mentions apparaissent au XIᵉ siècle, indiquant que la paroisse relève du chapitre cathédral de Sens.

À partir du XIIᵉ siècle, les chanoines de la Cathédrale renforcent leur présence et leurs droits sur le territoire. Confirmés dans leurs possessions en 1162 par l’archevêque Hugues de Toucy, ils développent leur autorité économique et religieuse. Ils sont notamment à l’origine de la reconstruction du pont, attestée en 1181, financée par diverses taxes. Leur pouvoir s’accroît encore grâce aux privilèges accordés par Philippe Auguste (1190), puis confirmés par ses successeurs, leur donnant droits de justice et de seigneurie sur la ville. En 1213, ils obtiennent également l’autorisation de construire des moulins sous le pont.

Malgré leur nombre (environ quarante), les chanoines ne peuvent assurer seuls le service religieux des nombreuses paroisses de la région. À Pont, ils desservent principalement l’église Notre-Dame-de-l’Assomption et sont épaulés par des chanoines réguliers issus de l’abbaye Saint-Jean de Sens, installés notamment au prieuré de Saint-Gilles-au-Bois dès le XIIᵉ siècle.

La vie religieuse locale s’organise autour de plusieurs lieux de culte, dont plusieurs chapelles, ainsi que d’institutions charitables comme un hôtel-Dieu et une léproserie dédiée à Saint-Jacques. Tous ces établissements dépendent du chapitre de Sens, qui nomme les prêtres et supervise également l’école attestée dès 1298.

Ainsi, Pont-sur-Yonne est étroitement liée à Sens, bénéficiant de l’influence religieuse, institutionnelle et économique de son puissant chapitre cathédral.

Une mini cathédrale

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption est le principal monument de Pont-sur-Yonne. Construite au XIIᵉ siècle, elle illustre l’essor des grands chantiers religieux dans la région de Sens. Par ses dimensions imposantes et son clocher occidental, elle domine le paysage du village.

Son architecture est caractéristique du style roman tardif, avec des éléments annonçant le gothique. L’édifice se compose d’un chœur entouré de chapelles, d’un transept lumineux, d’une nef à trois vaisseaux, et d’une voûte sur croisée d’ogives. Cette structure, proche de celle de la Cathédrale de Sens, lui vaut d’être considérée comme une « petite sœur » de celle-ci.

La construction de l’église reflète la participation conjointe des fidèles et du clergé : la nef était financée par les paroissiens, tandis que le chœur releve des chanoines. Cette organisation symbolise la complémentarité entre laïcs et ecclésiastiques.

Sur le plan artistique, l’église présente des liens étroits avec la Cathédrale de Sens, visibles notamment dans le décor sculpté de sa façade. Sa construction débute probablement vers 1163 et sa consécration pourrait dater de 1169. Le chantier se poursuit jusqu’à la fin du XIIᵉ siècle.

Au fil du temps, l’église a été marquée par plusieurs personnalités, comme Nicolas de Vères, ecclésiastique influent du XIVᵉ siècle, ou le seigneur Philippe Thibaud, à l’origine d’une fresque du XVe siècle encore partiellement visible.

Malgré les destructions liées à la guerre de Cent-Ans et aux conflits religieux du XVIᵉ siècle, l’édifice a conservé son aspect général. Il a fait l’objet de nombreuses restaurations, notamment aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, ainsi qu’au début du XXIᵉ siècle, témoignant de son importance durable dans le patrimoine local.

Quand les étals font de l’ombre aux autels

Au Moyen Âge, la prospérité de Pont-sur-Yonne repose sur l’agriculture et ses activités portuaires. Dans ce contexte, un marché est créé sous le règne de Philippe VI de Valois, confirmé par Charles V, probablement grâce à l’influence de Nicolas de Vères.

D’abord centré sur les produits du quotidien (œufs, beurre, légumes), le marché dominical prend de l’ampleur au fil du temps, jusqu’à inclure une foire aux bestiaux. Son succès est tel qu’il perturbe les offices religieux, suscitant les plaintes du clergé, restées sans effet face à son importance croissante.

Parallèlement, la ville médiévale se présente comme une place fortifiée, entourée de remparts, de fossés en eau et accessible par plusieurs portes, notamment près des ponts. Cette organisation est visible dans une gravure de Claude Chastillon, qui montre aussi un pont partiellement détruit, probablement en raison des conflits comme la guerre de Cent-Ans et les guerres de Religion.

Ainsi, le développement du marché et l’organisation défensive de la ville témoignent de son dynamisme économique et de son importance stratégique au fil des siècles.

Une seigneurie… et plus de château

Si les chanoines dominaient la ville sur le plan religieux, le pouvoir seigneurial appartenait à la famille de Nemours. La terre de Pont-sur-Yonne entre dans cette seigneurie au XIIᵉ siècle, avant d’être intégrée à la Couronne en 1274 par Philippe III le Hardi. Elle devient ensuite un duché en 1404, plaçant Pont sous l’autorité des ducs de Nemours.

Le premier duc est Charles III de Navarre, dit « le Noble », qui se distingue par une politique plus pacifique que celle de son père. Toutefois, la région reste marquée par les troubles de la guerre de Cent-Ans et les rivalités entre Armagnacs et Bourguignons, notamment après l’assassinat de Jean sans Peur en 1419 à proximité. Pont-sur-Yonne subit alors des destructions et probablement des attaques anglaises.

Du Château des ducs, il reste très peu de traces aujourd’hui, hormis quelques représentations anciennes montrant une façade flanquée de tours. Par la suite, la ville gagne en importance administrative, devenant chef-lieu de doyenné, puis revient à la Couronne en 1669 avant d’être rattachée à la famille d’Orléans au XVIIIᵉ siècle.

Le jour où Napoléon est passé… très vite

Parmi les épisodes marquants de l’histoire locale, le passage de Napoléon Bonaparte à Pont-sur-Yonne reste le plus célèbre. En Mars 1815, lors de son retour de l’île d’Elbe, l’empereur fait une brève halte dans la ville. Il est accueilli par la famille Bertrand et loge dans une maison de la place Eugène Petit, accompagné de ses ordonnances. Son passage est célébré par un bal organisé à l’Hôtel des Trois Rois.

Le lendemain, le 19 Mars 1815, Napoléon quitte rapidement Pont pour rejoindre Paris. La tradition rapporte que des objets liés à son séjour auraient été conservés par la famille Bertrand puis vendus lors d’une succession en 1934, dont le lit où il aurait dormi.

Au-delà de cet épisode, Pont-sur-Yonne connaît au XIXᵉ siècle une évolution liée à l’industrialisation et à l’amélioration des transports. La population augmente progressivement jusqu’à la Belle Époque, passant d’environ 1 780 habitants en 1836 à plus de 2 100 en 1936, avant de subir un recul après la Première Guerre mondiale, comme dans de nombreuses communes de la région.

Une ville bien organisée

Aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, le paysage de Pont-sur-Yonne est fortement marqué par les bâtiments publics, notamment la mairie, le bureau de poste et les écoles, concentrés au cœur du bourg.

L’hôtel de ville, édifié au début du XIXᵉ siècle, a été restauré à la fin du XXᵉ siècle. À ses côtés se trouve l’ancien relais de poste datant de 1772, autrefois destiné à l’accueil des diligences et du courrier. Son activité décline avec l’arrivée du chemin de fer, entraînant la disparition progressive des relais de poste au XIXᵉ siècle.

L’enseignement se développe également à partir du XIXᵉ siècle, avec la première mention d’une école en 1837. Des établissements distincts pour les garçons et les filles apparaissent ensuite dans la seconde moitié du siècle, cette dernière étant associée à un pensionnat de jeunes filles.

Ainsi, ces équipements témoignent de la modernisation progressive de la ville et de son adaptation aux évolutions administratives, postales et éducatives.