Gron

Informations pèlerins

Hébergements à Gron :

  • Accueil pèlerins – Mme DELAVAL : 15 rue des Grands Barreaux – 3 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 06.38.04.71.45 ou 03.86.64.29.46 – hubdel@orange.fr – Tarif : LPF**
  • Accueil pèlerins – BELKACEM Peggy (Maison familiale rurale) : 24 rue Haute – Plusieurs places – 03.86.64.82.82 – mfr.gron@mfr.asso.fr – Tarif : 20 € – Vendredi, samedi et dimanche uniquement

Hébergements proches :

  • Accueil pèlerins – MICH Géraldine et Nicolas : 4 rue Clos à Paron (4,5 km) – 1 place – Repas et petit-déjeuner possibles – 06.49.98.57.94 – geraldine.mich4@gmail.com – Tarif : LPF**
  • Accueil pèlerins – BOULARD Jean-Luc : 21 rue des Capucins à Sens (6 km) – 2 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 03.86.95.44.37 ou 06.87.28.72.50 – boulard.jl@wanadoo.fr – Tarif : LPF**
  • Accueil pèlerins – Famille missionnaire de Notre-Dame à Sens (6 km) : 105 rue Victor Guichard – Places selon disponibilité – Repas et petit-déjeuner possibles – 09.72.65.33.63 ou 03.86.95.35.09 – sens@fmnd.org – Tarif : LPF**

Informations pratiques

Boulangerie :

Au Fournil : 11 Grande Rue – Lundi à vendredi : 6h30-13h, 16h-19h – Samedi : 6h30-12h30- 03.86.65.35.43

Boucherie – Charcuterie – Épicerie :

Boucherie VILLADIER : 9 Grande Rue – Mard à samedi : 8h30-12h30, 15h30-19h – Dimanche : 8h30-12h30 – 03.86.66.19.58

Pharmacie :

Pharmacie de Gron : 11 Grande rue – Lundi au vendredi : 9h-12h30, 14h30-19h – Samedi : 9h-12h30, 14h30-18h – 03.86.64.23.51

Tabac – presse :

Pasquer Anne-Laure : 7 Grande Rue – Lundi au vendredi : 7h45-12h30, 15h30-19h, samedi 7h45-17h30 – 03.86.65.07.46

Gare SNCF :

Gare de Sens : Place François Mitterand Sens (5 km)

Histoire et patrimoine

Le port disparu puis retrouvé

Gron, située à environ 7 kilomètres au sud de Sens sur la rive gauche de l’Yonne, possède une histoire particulièrement ancienne. La présence humaine sur son territoire remonte au Paléolithique inférieur – environ -400 000 ans avant notre ère- comme en témoignent plusieurs outils bifaces découverts sur le site.

Durant l’Antiquité, après la conquête de la Gaule, le territoire de Gron connaît une nouvelle phase d’occupation importante. Des photographies aériennes ont révélé la présence de plusieurs villas gallo-romaines, attestant d’une activité agricole et d’une organisation du territoire dès l’époque romaine. En 1790, des vestiges d’un aqueduc romain ont également été mis au jour : celui-ci acheminait l’eau du ru vers Sens et alimentait au passage différents moulins. L’emplacement actuel du village, situé à environ un kilomètre de l’Yonne, serait d’ailleurs d’origine romaine.

Mentionnée dès le IXe siècle sous les noms de Gromenvilla puis Gronnum, la localité dépend alors du pagus de Sens. Au XIIIe siècle, les terres de Gron sont cédées à l’abbaye de Vauluisant, avant de passer au XVIe siècle sous l’autorité de l’abbaye Sainte-Colombe de Sens. Cette dernière fait entourer le bourg de murailles en 1545 afin d’en assurer la protection.

Au XVIIIe siècle, la seigneurie de Gron est partagée entre plusieurs co-seigneurs, parmi lesquels les frères de Jassy, la famille de Polignac ainsi que le maréchal Xavier de Saxe, parent de Louis XVI. Plus tard, Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne, ami et secrétaire de Napoléon Ier, y possédait un château dont subsistent encore aujourd’hui deux tours carrées ainsi qu’une plaque commémorative dans l’église, datée de 1811.

L’histoire de Gron est également étroitement liée à l’Yonne. Dès le XIIIe siècle, un port fonctionne à Chalecy, notamment exploité par la famille des Barres, seigneurs de Chaumont. Le déplacement progressif du trafic commercial vers la rive droite de l’Yonne et l’essor de Villeneuve-sur-Yonne entraînent toutefois son abandon pendant plusieurs siècles. Aujourd’hui, la réactivation du Port de Gron redonne à la rivière le rôle économique et stratégique qu’elle a longtemps occupé dans l’histoire locale.

Enfin, durant la Révolution française, la commune prit temporairement le nom de « Grou » en 1793, à la suite d’une modification orthographique du nom de la commune.

Gron, terre de mammouths et de chasseurs

Gron possède un patrimoine préhistorique remarquable qui témoigne d’une présence humaine très ancienne dans la vallée de l’Yonne. Les recherches archéologiques et géologiques menées depuis plus de vingt ans dans le méandre de Gron ont permis de retracer l’évolution du paysage et l’histoire des premiers peuplements humains remontant à plus de 70 000 ans.

À cette époque, durant une période glaciaire du Quaternaire, la vallée de l’Yonne présentait un paysage de steppe froide balayé par les vents. L’Yonne formait alors un vaste chenal charriant sables, galets et graviers de silex. Cette plaine était fréquentée par de grands mammifères adaptés au climat rigoureux, tels que le mammouth, le rhinocéros laineux, le renne, le cheval sauvage ou encore le bison.

Les fouilles réalisées dans plusieurs secteurs de Gron, notamment au Fond des Blanchards et au Chemin de l’Évangile, ont révélé d’importants sites préhistoriques datant du Paléolithique moyen et supérieur – entre -300 000 et -10 000 -. Les archéologues y ont découvert des outils en silex, des racloirs, des déchets de taille ainsi que des ossements d’animaux portant des traces de découpe. Ces vestiges montrent que les hommes de Néandertal occupaient les berges de l’Yonne pour y chasser, préparer le gibier et fabriquer leurs outils.

Les découvertes effectuées à Gron permettent aujourd’hui de mieux comprendre les modes de vie des populations préhistoriques, leurs techniques de fabrication et leur adaptation aux changements climatiques. Par la richesse de ses sites archéologiques, le méandre de Gron est désormais reconnu comme un lieu majeur pour l’étude de la Préhistoire dans la vallée de l’Yonne et plus largement en Europe.

L’église, le spot historique de Gron

Au cœur du bourg ancien de Gron se dresse l’église Saint-Germain, l’un des plus anciens témoins de l’histoire du village. Mentionnée dans les archives dès 1196, elle fut édifiée sur les vestiges d’un sanctuaire encore plus ancien. Autrefois rattachée aux abbayes de Vauluisant puis de Sainte-Colombe de Sens, l’église conserve des éléments remarquables datant de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle, notamment sa nef et son portail biseauté, probablement hérité de l’édifice primitif.

L’architecture de l’église reflète plusieurs périodes de construction et d’aménagement. La nef est éclairée par une baie rappelant l’art roman tandis que le transept, aussi large qu’une nef, conserve dans son bras sud des bancs de pierre rappelant les dispositions anciennes. Les baies de l’abside, caractéristiques de l’époque de transition entre l’art roman et le gothique, présentent des formes variées qui contribuent au charme de l’ensemble.

Le puissant clocher qui domine aujourd’hui le village fut achevé en 1739 sous l’autorité du curé Claude François Coquey, comme l’indique une inscription visible sur les fonts baptismaux : « En 1739 a été finie la tour… et fonts mis ici en 1741 ». Selon l’abbé Lebœuf, l’église aurait également conservé autrefois de précieuses reliques, parmi lesquelles deux côtes de Saint Germain d’Auxerre ainsi qu’un fragment de la tunique de la Vierge Marie.

L’intérieur de l’édifice abrite un mobilier de grand intérêt, dont un bénitier du XIIIe siècle, des fonts baptismaux ornés d’un décor de vignes, ainsi que plusieurs pierres tombales datées de 1685, 1734 et 1739. Dans le chœur se trouve encore le banc occupé autrefois par Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne, proche de Napoléon Ier et ancien propriétaire d’un château à Gron.

Gron donne des ailes

Alphonse Poirée, né à Gron en décembre 1883, fut une figure remarquable de l’aviation française du début du XXe siècle. Longtemps méconnues, ses origines gronnaises ont été retrouvées grâce aux recherches d’un passionné d’histoire francilien, Jean Moinet, qui consulta les registres d’état civil de la commune.

Engagé durant la Première Guerre mondiale, Alphonse Poirée combattit aux côtés de l’armée russe avant de poursuivre une carrière dans l’aviation après le conflit. Il devint alors pilote d’essai pour la société aéronautique Caudron, spécialisée notamment dans la conception d’avions militaires et de bombardiers. Chargé d’expérimenter ces appareils, il participa aux avancées techniques de l’aviation française à une époque où les vols restaient particulièrement dangereux.

Sa carrière prit tragiquement fin en 1922 lorsqu’il trouva la mort dans un accident aérien survenu lors d’un vol d’essai à bord d’un bombardier. Aujourd’hui encore, son parcours rappelle le destin de ces pionniers de l’aviation qui contribuèrent au développement de l’aéronautique au lendemain de la Grande Guerre.