Chaumont
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Informations pèlerins


Hébergement à Chaumont : Accueil pèlerins – DEFONTAINE Anne – 5 rue du Clos Terreau – 3 places – Repas et petit-déjeuner possibles (en LPF**) – 06.87.55.56.89 – annedftn@gmail.com – Tarif : 20 €
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Informations pratiques
Boulangeries :
Épiceries :
Pharmacies :
Pharmacie du Centre : 22 Grande rue Villeneuve-la-Guyard (5 km) – Lundi au vendredi : 9h-12h30,14h-19h15 – Samedi : 9h-12h30, 14h-18h – 03.86.66.42.53
Restaurants :
Aux Amis de la Route : 3 place de la Gare Champigny-sur-Yonne (2,5 km) – Lundi : 7h30-19h Mardi à jeudi : 4h30-22h30 – Vendredi : 4h30-16h – 09.79.60.94.59
Gares SNCF :
Gare de Villeneuve-la-Guyard : 89 Avenue de la Gare (5 km)
Gare de Champigny-sur-Yonne : Rue de la Gare (3 km)
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Histoire et patrimoine
Bienvenue sur le mont chauve
Le nom de Chaumont est attesté dès le début du XIIIᵉ siècle sous la forme Calvus Mons, le « mont chauve » (1212), puis évolue progressivement vers Chaumont en 1453 et Chaulmont-sur-Yonne en 1582.
Ce toponyme trouve son origine dans le latin calvus mons, qui signifie « mont chauve » ou « colline dénudée ». Il désigne un relief naturellement peu boisé ou dégagé, caractéristique du site. Le village est en effet implanté sur une hauteur et sur les pentes d’une colline, ce qui explique pleinement cette appellation. Perché au sommet d’une colline dominant la vallée de l’Yonne, le bourg se développe autour de son église Notre-Dame.
Une prestigieuse hâche
Le territoire de Chaumont a livré plusieurs témoignages d’occupations préhistoriques, attestant d’une présence humaine ancienne dans la région. Parmi les découvertes les plus remarquables figure une extrémité de hache en jadéite, datée du Néolithique. Cet objet spectaculaire, probablement lié à des pratiques prestigieuses ou symboliques, témoigne des échanges avec la côte atlantique d’où provient cette matière somptueuse.
D’autres vestiges complètent ce tableau, notamment des fragments de poteries néolithiques attribués à la culture rubanée. Ces céramiques, caractéristiques des premières sociétés agricoles sédentaires, indiquent l’existence d’une occupation organisée du territoire dès cette période ancienne.
Ainsi, même si les traces restent fragmentaires, les découvertes de Chaumont montrent que le site s’inscrit dans le vaste mouvement de peuplement du Néolithique en vallée de l’Yonne, marqué par le développement de l’agriculture et des premières communautés villageoises.

Les seigneurs subsistent mais pas la vigne
À l’origine simple terre seigneuriale, Chaumont devient paroisse avec la construction de son église. Le territoire est alors intégré dans le réseau des grandes familles féodales, notamment la puissante lignée des Barres, qui s’y implante par alliances. Parmi ses représentants figurent des personnages importants du XIIᵉ siècle, comme Frédelus, seigneur d’Oissery, et Evrard des Barres, maître des Templiers. Leur descendance comprend des figures marquantes, dont Guillaume II des Barres, célèbre chevalier de Philippe Auguste, distingué notamment à la bataille de Bouvines en 1214.
Une branche cadette de la famille, issue d’Eudes Ier des Barres, s’établit durablement à Chaumont par mariage et conserve la seigneurie jusqu’à l’Époque moderne, avec des représentants comme Jean II des Barres, maréchal de France, dont la lignée perdure jusqu’au XVIᵉ siècle.
Le château primitif se trouvait en contrebas, dans le secteur de la Garenne, et aurait subsisté jusqu’au XVIᵉ siècle. Un second château est ensuite édifié au sommet de la colline, à proximité immédiate de l’église ; il constitue aujourd’hui une propriété privée. Chaumont abrite également un ancien prieuré dépendant de l’ordre de Saint-Augustin, rattaché à l’abbaye de Saint-Jean-lès-Sens, témoignant de l’importance religieuse du site au Moyen Âge.
Longtemps village viticole, Chaumont vit jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle au rythme de la vigne, avec de nombreux clos et parcelles comme la Grande Vigne ou les Vignes de Beauregard. Cette activité décline brutalement à la suite de l’arrivée du phylloxéra vers 1864, insecte ravageur qui détruit une grande partie du vignoble. Malgré des tentatives de replantation, la qualité des cépages ne retrouve jamais son niveau d’origine.
Aujourd’hui encore, quelques traces de ce passé viticole subsistent : des caves creusées dans la craie le long de la « voie Creuse », ainsi que quelques pieds de vigne préservés dans des jardins clos, rappelant l’ancienne identité rurale et agricole du village.
Un château, beaucoup de propriétaires
Le château de Chaumont possède une histoire ancienne, étroitement liée à celle de la seigneurie du même nom. À l’origine, le premier château, dans le secteur de la Garenne -en contrebas du village, du côté de Villeblevin- est attesté par des vestiges retrouvés près d’un ancien puits ; il aurait existé jusqu’au XVIᵉ siècle.
Le château actuel, construit au sommet de la colline, ne présente ni l’ampleur d’une forteresse médiévale ni le raffinement d’un château Renaissance, mais il impressionne par la solidité et la masse de ses bâtiments. Depuis sa terrasse, il offre une vue remarquable sur les vallées de l’Yonne et de la Seine. La partie la plus ancienne fut habitée par les princes de Condé. Les ailes de la façade, plus récentes, se distinguent par leur régularité ; l’une d’elles donne accès aux anciens communs, qui formaient autrefois une ferme, comme l’indique un plan du XVIIIᵉ siècle. L’ensemble est complété par une élégante grille d’entrée en fer forgé, caractéristique de cette même époque.
L’histoire seigneuriale du château remonte au XIIᵉ siècle, lorsque le mariage de Guillaume II des Barres avec Hélissande, vicomtesse de Sens et dame de Chaumont, fait entrer la terre dans la famille des Barres. Cette puissante lignée conserve la seigneurie pendant près de trois siècles. Guillaume III des Barres, dit « le Grand Guillaume », y aurait été élevé, ce qui lui valut parfois le surnom de « Guillaume de Chaumont ». La seigneurie reste aux mains des Barres jusqu’au XVe siècle, avant de passer par alliance à la famille de Buffévent.
Par la suite, de nombreux propriétaires se succèdent. En 1613, le domaine est vendu à Henri de Bourbon, prince de Condé. En 1665, la seigneurie est échangée avec Jean de Bernage et son épouse, qui la conservent durant environ un siècle et demi. Au XIXᵉ siècle, le château change encore plusieurs fois de mains : acquis en 1818 par le comte Cazin d’Honnuncthon, il est ensuite transmis à ses héritiers avant d’être vendu en 1874 au général Edmond de Martimprey, ancien gouverneur des Invalides.

Enfin, en 1890, le château connaît une nouvelle étape de son histoire lorsqu’il est acheté par Émile Chevalier, à la suite d’un coup de cœur de son épouse qui, apercevant la demeure depuis le train, imagina en faire une grande maison familiale.
Ainsi, le château de Chaumont, par ses transformations successives et la diversité de ses propriétaires, reflète l’évolution des grandes demeures rurales françaises, depuis la seigneurie médiévale jusqu’aux résidences de notables du XIXᵉ siècle.

Une église un peu retouchée
L’église Notre-Dame de Chaumont est un édifice qui témoigne de plusieurs phases de construction, mêlant harmonieusement les styles roman et gothique. Elle se compose d’une nef de trois travées, voûtées sur croisées d’ogives, accompagnée d’un bas-côté unique au sud. Le chœur, plus élevé, comprend une travée également voûtée, prolongée par une abside en cul-de-four (voûte en forme de demi-coupole) percée de cinq baies étroites et élancées, apportant lumière et verticalité à l’ensemble.

L’observation des chapiteaux, aux formes et décors variés, révèle la diversité des campagnes de construction et confirme l’origine romane de l’édifice, enrichie par des transformations ultérieures. Le transept, notamment, présente des éléments remaniés aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, avec des piliers circulaires ou biseautés surmontés de tailloirs.
L’église se distingue également par son imposante tour-clocher, caractéristique des édifices du nord du diocèse de Sens, où ces structures monumentales affirment la présence de l’église dans le paysage. La façade, comprenant le clocher et le portail central, date en grande partie des XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, tandis que le portail sud est ajouté au XVIIᵉ siècle.
Certains détails architecturaux méritent une attention particulière, comme les fenêtres géminées et trilobées situées près du portail sud, contrastant avec les autres ouvertures en plein cintre, plus simples et typiques de l’architecture romane.
Selon la tradition, la fondation de l’église remonterait à 1132, sous l’impulsion de Salon, vicomte de Sens. L’édifice actuel a ainsi évolué au fil du temps, conservant les traces de son origine médiévale tout en intégrant des apports des siècles suivants. Il constitue aujourd’hui un élément central du patrimoine historique et architectural de Chaumont.

Le Chaumontais qui a fait briller la Concorde
Joseph René Binet, né le 14 octobre 1866 à Chaumont, est une figure marquante de l’architecture et des arts décoratifs de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. Architecte, décorateur, peintre et théoricien, il incarne une génération d’artistes innovants, tout en restant profondément attaché à ses origines rurales.
Issu d’une famille modeste, il est le fils de Savinien Joseph Binet, employé des chemins de fer né lui aussi à Chaumont, et de Marie Grosset. Bien que la famille s’installe ensuite à Sens, c’est bien dans le cadre du village de Chaumont que s’inscrivent ses racines, un environnement qui marquera sans doute son regard et sa sensibilité artistique.
René Binet se fait connaître du grand public en réalisant la monumentale porte d’entrée de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, installée place de la Concorde. Cette œuvre spectaculaire se distingue par son audace : il y développe une architecture fondée sur la couleur et la lumière, intégrant pour la première fois l’électricité comme élément décoratif à part entière. Inspiré à la fois par ses souvenirs, par les théories de la couleur et par les formes du vivant, il propose une vision résolument moderne de l’architecture.
Reconnu pour son talent, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1900. Par la suite, il poursuit une carrière importante, notamment comme architecte des grands magasins du Printemps à Paris, où il conçoit un bâtiment ambitieux, caractérisé par ses volumes imposants et son décor riche, couronné d’une vaste coupole en verre coloré.
René Binet réalise également de nombreux autres projets, allant de bâtiments publics à des constructions privées, témoignant de la diversité de son œuvre. Il meurt prématurément en 1911, en Suisse.
Aujourd’hui, même si sa carrière s’est principalement déroulée à Paris, René Binet reste une personnalité notable originaire de Chaumont, illustrant le lien entre ce village de l’Yonne et les grandes évolutions artistiques de son époque.
