Marsangy
Informations pèlerins


Hébergements proches :
- Accueil pèlerins – LÉGER Anissa : 21 rue Thénard à La Haute Épine, Villeneuve-sur-Yonne (5 km) – 6 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 03.86.83.31.94 ou 06.71.26.17.67 – anissaetguy@gmail.com – Tarif : 35 €
- Accueil pèlerins – DER AGOBIAN Flore et Michel : 2 rue du Commerce à Villeneuve-sur-Yonne (5 km) – 1 à 2 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 06.52.56.81.83 – florederagobian@yahoo.fr – Tarif : 30 € – Prévenir 24h à l’avance
- Accueil pèlerins – THOMASSIN Laure (Les Lorris) : 16 rue Berthold à Chaumot (5,5 km) – 4 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 03.86.96.94.14 ou 06.64.21.31.96 – thomassinphi@free.fr – Tarif : LPF** – Vient chercher et ramène au pont SNCF de Marsangy
Informations pratiques
Boulangeries :
Le Fournil : 16 rue Carnot à Villeneuve-sur-Yonne (6 km) – Jeudi à samedi, et lundi : 5h-20h – Dimanche : 5h-18h – 03.86.87.15.05
Épiceries / Supermarchés :
Supérette de l’église : 8 place de la République à Villeneuve-sur-Yonne (6 km) – Ouvert tous les jours : 8h-minuit – 03.86.87.15.15
Pharmacies :
Pharmacie de la République : 11 place de la République àVilleneuve-sur-Yonne (6 km) – Ouvert du lundi au jeudi : 9h-12h30 et 14h-19h – 03.86.87.07.77
Restaurants :
Le Vieux Tilleul : 1 avenue Roland Bonnion à Villeneuve-sur-Yonne (6,5 km) – Mercredi et dimanche : 12h-13h30 – Jeudi au samedi : 12h-13h30, 19h30-21h – 03.86.83.08.98
Gares SNCF :
Gare Étigny-Véron : 41 rue de l’Église (4,5 km)
Gare de Villeneuve-sur-Yonne : 19 rue de la Gare (5 km)
Histoire et patrimoine
Bienvenue à Maximiacus
La toponymie de Marsangy remonte à l’époque gallo-romaine et témoigne d’une évolution linguistique ancienne et progressive. Le nom de la localité est attesté dès le VIIe siècle sous la forme Maximiacus, puis évolue au fil des siècles : Massengiacum en 1188, Massengi en 1189, Marsengi en 1212, Marsengiacum en 1257, avant de prendre sa forme actuelle Marsangy en 1275.
Cette évolution s’explique par une formation toponymique gallo-romaine en -acum, suffixe d’origine gauloise indiquant la propriété ou le lieu, associé ici au nom latin Maximius. L’évolution phonétique du nom, notamment le passage de Mass- à Mar-, pourrait également résulter de l’influence d’un autre nom latin, Marcianus, même si celui-ci n’était plus en usage au Moyen Âge.
Ce type de formation est fréquent dans le Nord de la France, où de nombreux noms de lieux dérivent de structures similaires, comme Maissemy dans l’Aisne ou encore Massangis dans l’Yonne, qui présentent des évolutions comparables. Le gentilé ancien « Maximiacusiens » a également été construit à partir de la forme originelle Maximiacus, illustrant le lien direct entre le nom actuel de la commune et ses racines antiques.
Dans les pas des Magdaléniens de Marsangy
Marsangy possède un important site préhistorique qui éclaire la fin du Paléolithique supérieur – -40 000 à – 10 000- dans la vallée de l’Yonne. Découvert en 1972 par H. Carré, le gisement magdalénien de plein air a ensuite fait l’objet de fouilles approfondies entre 1974 et 1981 sous la direction de Béatrice Schmider, selon les méthodes développées notamment à Arcy-sur-Cure et Pincevent.
Daté d’environ 12 000 ans avant notre ère, le site correspond à une occupation de chasseurs-cueilleurs magdaléniens installés en rive gauche de l’Yonne, dans un environnement alors marqué par les dernières oscillations climatiques de la fin de la dernière glaciation. Les datations confirment une occupation située autour de 12 100 à 11 500 ans BP (before present), soit 14 100 à 13500 avant noitre ère.
Le site apparaît comme un campement structuré, organisé autour de foyers et de différentes zones d’activité. L’activité principale y est le travail du silex, extrêmement développé grâce à la présence de matières premières locales. Il peut être interprété comme un véritable atelier spécialisé de débitage, où étaient produits lames, éclats et outils. Ces objets étaient en grande partie emportés par les groupes lors de leurs déplacements.
Les activités liées à la chasse complètent cet ensemble économique. Les vestiges animaux attestent de la chasse du renne, du cheval et du cerf, tandis que les armatures de projectile montrent l’usage de techniques variées, notamment la sagaie propulsée et peut-être des formes expérimentales d’arc. L’exploitation du gibier était complète, tant pour la nourriture que pour les matières premières comme l’os ou le bois de cervidé.
L’organisation du site révèle également une occupation répétée et structurée de l’espace, conforme aux modèles définis par le grand archéeologue André Leroi-Gourhan : un foyer central entouré de zones spécialisées (habitat, activités techniques et rejets). Plusieurs indices suggèrent des séjours saisonniers, probablement à l’automne, et une fréquentation régulière du lieu sur plusieurs générations.
Par sa richesse et son organisation, le site de Marsangy constitue aujourd’hui un site majeur du Magdalénien – -17000 et – 14000- en Bourgogne, aux côtés d’Arcy-sur-Cure et de Solutré, et contribue à la compréhension des modes de vie des derniers chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur en Europe occidentale.
Au Moyen Âge, Marsangy s’inscrit dans un territoire progressivement structuré autour de grandes autorités religieuses et seigneuriales. Selon la tradition, la localité aurait été donnée dès le VIIe siècle par Saint-Tétrice, évêque d’Auxerre, à la Cathédrale Saint-Étienne de Sens. Plus tard, au XIIIe siècle, ses terres sont partagées entre le chapitre Cathédral de Sens et l’abbaye Saint-Rémi de Sens, confirmant l’importance de l’encadrement ecclésiastique dans le développement du village.
Un trésor du patrimoine local
L’église Saint-Germain de Marsangy constitue l’un des principaux témoins du patrimoine religieux de la commune. Ses origines remontent au IXe siècle, ce qui en fait un édifice ancien profondément ancré dans l’histoire locale.
L’architecture de l’église conserve plusieurs éléments remarquables issus de différentes périodes. Sous le porche se trouve notamment une porte romane, vestige des premières phases de construction. La tour-porche, quant à elle, date de 1768 et témoigne des aménagements réalisés à l’époque moderne. L’intérieur de l’édifice est également riche en œuvres anciennes, avec des vitraux datant des XIIIe et XIVe siècles. L’un d’eux représente Saint-Germain, patron de l’église, aux côtés de plusieurs figures religieuses telles que des évêques et des abbés.
Le mobilier liturgique reflète lui aussi la diversité des époques : l’autel et son retable sont du XVIIIe siècle, période à laquelle l’église est en partie réaménagée. Un tableau représentant Saint-Germain complète cet ensemble patrimonial.
Enfin, à la fin du XVIIIe siècle, Maximilien de Marsangy contribue à l’embellissement et à l’achèvement de l’édifice en lui ajoutant un clocher, une sacristie et une chapelle, renforçant ainsi la place centrale de l’église dans la vie religieuse et communautaire du village.
Le village de la famille de Marsangy
En 1150, Pierre de Courtenay, frère du roi Louis VII et fondateur de Villeneuve-sur-Yonne, cède également des terres aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, permettant la création de la commanderie de Roussemeau. Au XVIIe siècle, Marsangy devient un fief dépendant de cette commanderie, intégrée à la seigneurie de Bray-sur-Seine.
Le paysage médiéval est marqué par la présence d’un premier château, probablement situé sur le site de la Motte. Ce noyau castral ancien est ensuite remplacé ou complété par d’autres résidences seigneuriales au fil du temps. À partir du XVIIe siècle, un nouveau château est construit au cœur du village par Robert de Marsangy, tandis que l’ancienne motte évolue vers une bâtisse plus bourgeoise, dont subsiste notamment un colombier.
La famille de Marsangy, originaire de Champagne et implantée localement depuis le XVIe siècle, joue un rôle majeur dans l’histoire du village. Elle compte plusieurs figures importantes, comme Christophe-Guillaume de Marsangy, bailli et gouverneur de Sens durant les guerres de Religion, ou encore Cécile de Marsangy, connue pour ses œuvres charitables et la création d’un hospice pour orphelines au XVIIe siècle.
L’économie du village repose alors sur un environnement riche et exploité de manière diversifiée : vignobles, prairies, moulins, tuileries, forges et carrières de grès structurent la vie locale. Le ru de Montgérin alimente notamment plusieurs moulins — jusqu’à cinq sur quelques kilomètres, témoignant d’une activité artisanale soutenue.
À la fin du XVIIIe siècle, Maximilien de Marsangy, dernier seigneur de la lignée, complète encore l’église en lui ajoutant un clocher, une sacristie et une chapelle, marquant ainsi la continuité de l’influence seigneuriale jusqu’à la veille de la Révolution.
Marsangy, au croisement des pouvoirs
L’histoire de Marsangy est marquée par une succession d’influences religieuses, seigneuriales et politiques qui ont façonné son identité au fil des siècles.
Dès le XIIe siècle, la commune est liée à la commanderie hospitalière de Roussemeau, située dans la vallée menant à Égriselles-le-Bocage. Cette commanderie, dépendant de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Rhodes et Malte, est attestée dès 1150 avant d’être rattachée à Launay en 1474. Elle témoigne de l’importance des réseaux religieux et militaires dans l’organisation du territoire médiéval.
À la Renaissance, Marsangy est associée à des figures locales influentes, comme Christophe-Guillaume de Marsangy, bailli et gouverneur de Sens en 1562, puis commissaire des guerres en 1570, durant les troubles des guerres de Religion qui affectent la région.
Une maison pour les orphelines
Cécile de Marsangy est une figure marquante de l’action charitable à la fin du XVIIe siècle à Sens. Vers 1680, profondément touchée par la misère des jeunes filles orphelines de la ville et des faubourgs, elle commence à les accueillir chez elle. Elle les nourrit, les élève, leur apporte une éducation chrétienne et leur apprend un travail afin de leur assurer une autonomie future.
Face à l’ampleur de cette œuvre, elle s’associe à un bienfaiteur, Nicolas Bellocier, pour fonder une institution durable destinée à accueillir ces enfants sans ressources. Ensemble, ils établissent en 1680 les bases de l’Hospice des Orphelines, grâce à d’importantes donations en biens, en rentes et en capitaux, officialisées par des actes notariés.
Le projet est rapidement soutenu par les autorités locales et religieuses, ainsi que par le roi Louis XIV, qui autorise officiellement la création de l’établissement par lettres patentes en 1680. L’hospice est placé sous le vocable de la Présentation de la Vierge et devient une maison de charité dédiée aux jeunes filles abandonnées.
Cécile de Marsangy joue ensuite un rôle central dans la vie de l’institution : elle renonce à ses biens au profit de l’hospice et en assure elle-même la direction en tant que première gouvernante pendant quarante-deux ans. Son engagement personnel, constant et durable, fait d’elle l’une des principales fondatrices et figures tutélaires de l’établissement.
Son action est poursuivie par d’autres membres de sa famille et collaboratrices, mais son nom reste étroitement lié à la fondation et au développement de l’Hospice des Orphelines, symbole durable de charité et d’assistance à l’enfance démunie dans le Sénonais.
Les autres figures du pouvoir de Marsangy
À l’époque moderne et contemporaine, plusieurs personnalités marquent encore l’histoire du territoire. Le baron Thénard, possède d’importants domaines issus de l’ancienne seigneurie de Chaumot. Sa petite-fille, Caroline Thénard, lègue ensuite ces biens aux orphelins des communes locales, instituant le « legs Thénard », qui assure le versement de rentes aux enfants jusqu’à leur majorité.
La commune est également liée à des figures nationales : Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny, intendant de Paris, y est associé avant d’être victime des événements révolutionnaires de 1789. Enfin, Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne, ami et secrétaire de Napoléon Ier, ministre et préfet de police de Paris, est né dans le hameau de Bourrienne, rattaché à Marsangy.
Ainsi, Marsangy apparaît comme un territoire où se croisent influences religieuses, familles seigneuriales locales et grandes figures de l’histoire politique française.



