Villemanoche
Informations pèlerins


Contacts pour visite de l’église :
Mme BOURGOIN : 0607852693
·A noter que la croix du presbytère qu’elle se trouve sur une parcelle privée.
Hébergements proches :
Accueil pèlerins : CAUSSE Sylvie – 11 rue Uré à Champigny (5 km) – 3 places – 06.83.36.03.72 ou 06.37.70.97.32 – sylviecausse@orange.fr – Tarif : LPF** – Réservation 24h à l’avance pour demi-pension
Accueil pèlerins : PLUMEL Michelle – 4 rue Mathias à Champigny (5 km) – 2 places – Repas et petit-déjeuner possibles – 07.82.87.99.72 – Tarif : LPF** – Sur réservation
Accueil pèlerins : SOYEUX Florinda et Yves – 3 rue du Fond de l’Épine à Champigny (5 km) – Repas et petit-déjeuner possibles – 06.70.51.71.25 – floyves89@gmail.com – Tarif : LPF**
Accueil pèlerins : TRUMEAU Dominique – 25 avenue du 8 mai 45 à Champigny (5 km) – 2 places – Demi-pension = 45 €/ pers. – 06.68.99.74.52 – domitrum@gmail.com – Réservation 48h à l’avance
Accueil pèlerins : Caroline LAMORY, 2 rue du fossé Bardeau – Villemanoche – 0686907528
Informations pratiques

Boulangeries :
Le Vieux Pont : 10 rue du Pont à Pont-sur-Yonne (3 km) – Mardi au samedi : 6h-13h, 15h30-19h – Dimanche : 6h30-13h30 – 08.91.65.47.19
Épiceries / Supermarchés :
Carrefour Express : 3 rue Château à Pont-sur-Yonne (3 km) – Lundi au samedi : 8h-20h – Dimanche : 9h-13h – 03.86.83.48.09
Pharmacies :
Pharmacie Venard : Legrand- 4 avenue du Château à Champigny (5 km) – Lundi : 14h-19h15 – Mardi à vendredi : 9h-12h15, 14h-19h15 – Samedi : 9h-12h15, 14h-18h – 03.86.66.20.30
Restaurant :
La Cantine de l’Ecu : 3 rue Carnot à Pont-sur-Yonne (3 km) – Lundi au samedi : 12h-14h30 – 07.80.39.14.30
Gares SNCF :
Gare de Champigny-sur-Yonne : Place de la Gare (5 km)
Gare de Pont-sur-Yonne : 23 rue de Bourdeau (3 km)
Histoire et patrimoine
Le nom de Villemanoche apparaît dès le IXᵉ siècle sous différentes formes anciennes : Villamanisca, attestée vers 833, puis Villamesnesche en 1248 et Villemanauche en 1367. Ces évolutions témoignent des transformations linguistiques progressives du toponyme au fil du Moyen-Âge.
Son origine remonte au bas latin villa, désignant un domaine rural ou une exploitation agricole, associé au terme Alamanni, qui fait référence au peuple des Alamans. L’ensemble évoque ainsi l’idée d’un « domaine des Alamans ». Le suffixe adjectival -iscus, au féminin, a contribué à former le nom ancien, ensuite modifié par l’évolution de la langue.
Au fil du temps, ce nom s’est transformé sous l’influence des parlers régionaux d’oïl, donnant naissance à la forme actuelle Villemanoche, proche de termes dialectaux comme manoche ou manoque. Ainsi, le toponyme conserve la trace d’anciennes implantations et des influences culturelles qui ont marqué la région dès le haut Moyen-Âge.
Cette localité appartenait au VIIIe siècle au pagus de Sens. La terre fut ensuite donnée à l’abbaye de Saint-Remy de Sens par l’archevêché. Mais elle n’en fut pas moins disputée à travers les siècles par divers compétiteurs dont l’un était le roi.
Un village à l’importance insoupçonnée ?
Les traces archéologiques découvertes sur le territoire de Villemanoche permettent de faire remonter l’occupation du site à la Préhistoire, notament la présence de polissoirs et de sépultures de l’Âge du fer.
Plusieurs pierres de légendes sont également à noter -la roche branlante, la pierre de minuit, la roche aigüe- ainsi que de nombreux lieux-dits évocant des pierres dressées pour un total de 18 occurences !
Mais c’est à l’époque médiévale que Villemanoche semble avoir pris de l’ampleur. En effet, dans les années 1980, des fouilles furent menées au lieu-dit “le vieux cimetière” par l’archéologue Jean-Yves Prampart.
Ces fouilles dites “de sauvetages”, qui ont permis de mettre à jour un nombre considérable de tombes médiévales et des restes d’habitats de la même époque. Le village de Villemanoche, aujourd’hui modeste, pourrait donc avoir été très important à l’époque carolingienne, ce qui pourrait expliquer qu’une des premières mentions du pont voisin de Pont-sur-Yonne soit inscrit comme dépendant de Villemanoche.
Beaucoup de pierres
Le territoire de Villemanoche conserve de nombreux témoignages d’occupations anciennes. On y a notamment signalé la présence de monuments préhistoriques tels que des dolmens, des menhirs ou encore des roches remarquables, comme la « roche branlante » et la « roche de minuit ». Des outils préhistoriques, notamment des poussoirs, y ont également été découverts, attestant d’une fréquentation humaine très ancienne.

Sur le plateau situé entre Villemanoche et Fossoy, des vestiges de constructions ont été mis au jour, laissant penser à l’existence d’un ancien château. En contrebas, dans le lit de l’Yonne, se trouve une île appelée « île des Barres », dont le nom rappelle la famille seigneuriale des Barres, liée à la région. Par ailleurs, des traces de fortifications anciennes sont encore visibles dans le village, témoignant de son organisation défensive passée.
À la Révolution, la seigneurie dépendait en partie du clergé de Sens, des Hôtels-Dieu de Sens et de Provins, et en partie du sieur de Colomban Rossel.
Une église gothique, avec option médiévale
L’église de Villemanoche présente une architecture composite, reflet de plusieurs périodes de construction et de remaniement. Son clocher, particulièrement remarquable, est flanqué d’une tourelle percée de meurtrières, qui abrite une petite chapelle. Celle-ci correspondrait à l’emplacement de l’église primitive du XIIᵉ siècle, témoignant des origines anciennes de l’édifice.
Le reste du bâtiment s’inscrit majoritairement dans le style gothique du XIIIᵉ siècle. Il se compose de deux larges nefs accompagnées de chapelles formant un transept. Les baies géminées ornées de rosaces et les travées aux arêtes biseautées, illustrent bien ce style ogival, caractéristiques de l’époque. Les voûtes actuelles, réalisées en 1883, reprennent cependant ces formes anciennes dans un esprit de restitution inspiré des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles.

L’église conserve également plusieurs éléments remarquables de son mobilier. Dans la chapelle sud, on peut observer un maître-autel en pierre de style gothique, ainsi qu’une pierre tombale classée depuis 1905, celle de Roberte Lenfant. À l’extérieur, dans le parc du presbytère, une croix en fer à double fleur de lys remonterait aux origines mêmes de l’église.
Le presbytère, quant à lui, date de 1699. Il fut construit par le curé François Quelier dans un style massif caractéristique de l’époque de Louis XIV. Par héritage familial, il revint ensuite à son neveu, avocat au Parlement de Paris, qui en fit don à la commune en 1741.
Ainsi, l’église de Villemanoche et ses dépendances offrent un ensemble patrimonial riche, mêlant héritage médiéval, transformations modernes et histoire locale.
Comme dans de nombreuses paroisses, la petite église de Villemanoche vit ses cloches être fondues à la Révolution. Toutefois, les comptes de fabrique de l’église font état d’une des cloches disparue qui datait du IXe siècle ! Voici ce que l’on pouvait lire, inscrit sur l’objet de 150 kilos :
CAMPANA NOLA – SUR FORMOSE PAPA – LXXXVIII – EUDEMIO REGE – GATHERIO ARCHIEPISCOPO
Ce qui se traduit ainsi :
LA CLOCHE SONNE – FORMOSE ÉTANT PAPE – EUDES ROI – GAUTHIER ARCHEVÊQUE
Le chiffre “88” (LXXXVIII) ne précise pas le siècle, mais les noms du pape, du roi de France et de l’archevêque coincident parfaitement et nous situe bien en 888. Cette cloche aurait donc vécu 901 ans en haut du clocher fortifié de Villemanoche !
Une seigneurie désirée par tous…
Dès le VIIIᵉ siècle, Villemanoche est intégrée au pagus de Sens, témoignant de son ancienneté au sein de l’organisation territoriale carolingienne. Par la suite, la terre est donnée à une abbaye de Sens par l’archevêché, marquant l’importance des institutions religieuses dans la gestion du territoire.
Cependant, la possession de Villemanoche demeure longtemps disputée. Au fil des siècles, plusieurs autorités revendiquent des droits sur la seigneurie, parmi lesquelles le roi lui-même. Cette situation illustre la complexité des liens féodaux et des rivalités de pouvoir dans la région.
Un document de 1495 mentionne Armand des Friches, avocat au Parlement, qui se présente comme seigneur en indivision de Villemanoche. Il y décrit notamment le château et la seigneurie de Thorigny comme des arrière-fiefs dépendant de Villemanoche. Toutefois, le roi conteste cette suzeraineté, s’appuyant sur ses propres droits liés à la puissance royale à Sens.
À la veille de la Révolution, la seigneurie est partagée entre plusieurs détenteurs. Une partie appartient encore au clergé de Sens ainsi qu’aux institutions charitables, comme les Hôtels-Dieu de Sens et de Provins, tandis qu’une autre relève d’un seigneur laïc, Colomban Rossel. Cette répartition reflète l’imbrication des pouvoirs religieux et civils à la fin de l’Ancien Régime.

Pichelin, le fou
Jean Pichelin serait né vers 1485, probablement à Sens. Il est le fils de Nicolas Pichelin, marchand, et de Roberte Lenfant. Cette dernière apporta en dot une part de la terre de Villemanoche, héritée de son père, Boson Lenfant, chauffecire de la chancellerie de France et seigneur de Villemanoche et de Dixmont.
Jean Pichelin reçut vraisemblablement une formation juridique. Toutefois, un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France, ayant appartenu à Jean Pichelin, seigneur de Villemanoche, laisse penser qu’il occupa à la Cour de François Ier la fonction de fou du roi. Il fut d’ailleurs tourné en dérision par le poète Clément Marot dans une diatribe intitulée Chant de folie, de l’origine de Villemanoche. Les premiers vers donnent le ton :
« Les Pichelins par le monde épandus
Sont de si haut et de si loin descendus
Qu’à peine a-t-on su trouver la racine,
N’ung seul rameau de si bonne origine. »
En 1534, François Ier lui accorda une gratification qui éclaire le rôle qu’il jouait à la cour : un mandement ordonne au trésorier de l’épargne de verser à Jean de Pichelin, sieur de Villemanoche, la somme de 225 livres tournois « en récompense des passe-temps qu’il donne chaque jour à la reine et au roi ».
À la fois homme de loi et écrivain fantasque, Pichelin lisait lui-même ses récits, mêlant imagination et dérision. Fou du roi et amuseur cultivé, il se distinguait par une liberté de ton et une audace peu communes.