Villeblevin

Informations pèlerins

Hébergements proches :

Accueil pèlerins – DEFONTAINE Anne : 5 rue du Clos Terreau à Chaumont (1,5 km) – 3 places – Repas et petit-déjeuner possibles (en LPF**) – 06.87.55.56.89 – annedftn@gmail.com – Tarif : 20 €

Informations pratiques

Boulangerie :

Aux douceurs du village : 60 Grande rue – Mardi au samedi : 6h30-12h30, 16h-19h – Dimanche : 6h30-12h30 – 03.86.86.82.72

Épiceries :

Station ESSO : RN6 Le Petit Villeblevin – Ouverte 24h/24 – 03.86.66.41.23

Pharmacies :

Pharmacie du Centre : 22 Grande rue à Villeneuve-la-Guyard (3 km) –  Lundi au vendredi : 9h-12h30,14h-19h15 – Samedi : 9h-12h30, 14h-18h – 03.86.66.42.53

Pharmacie Venard-Legrand : 4 avenue du château à Champigny (5 km) – Lundi : 14h-19h15 – Mardi à vendredi : 9h-12h15, 14h-19h15 – Samedi : 9h-12h15, 14h-18h – 03.86.66.20.30

Restaurant :

L’Escale 87 : 231 Lieu Dit Le Petit Villeblevin – D606 – Mercredi, jeudi et dimanche : 12h-14h – Vendredi et samedi : 12h-14h et 19h-23h – 03.86.66.42.56 ou 07.65.82.61.78

Gares SNCF :

Gare de Villeneuve-la-Guyard : 89 Avenue de la Gare (3 km)

Gare de Champigny-sur-Yonne : Rue de la Gare (4,5 km)

Histoire et patrimoine

Villeblevin : petite commune, grandes familles

Le village de Villeblevin, mentionné dès le IXᵉ siècle sous le nom de Villapopoiina, possède une histoire ancienne marquée par de nombreux changements de seigneuries et d’institutions religieuses. Au Moyen-Âge, plusieurs établissements ecclésiastiques y détiennent des droits, notamment l’abbaye de la Pommeraye au XIIᵉ siècle, le prieuré de Vieupou au XIIIᵉ siècle, puis le chapitre de Sens au XVe siècle.

Sur le plan seigneurial, la terre relève au XVIᵉ siècle de la baronnie de Bray, et la justice locale est alors étroitement liée à celle de Saint-Agnan. Le domaine passe entre plusieurs mains nobles, dont celles de la famille des Barres, importante lignée régionale possédant de vastes terres en Seine-et-Marne et au-delà.

Un ancien château appartenant aux Barres s’élevait autrefois à Villeblevin. Il était caractéristique des résidences seigneuriales médiévales, avec ses tourelles, ses créneaux, ses fossés et son pont-levis. Aujourd’hui, il n’en subsiste aucune trace visible.

Au fil des siècles, la seigneurie change plusieurs fois de propriétaires : Jean des Marquets en 1555, puis Jacques de Crèvecœur et sa famille. Vers 1682, elle est acquise par François de Vieux-Maisons, et conservée par ses descendants jusqu’à la Révolution. À la fin du XVIIIᵉ siècle, le nom de la famille évolue légèrement en Vieil-Maison, avant que le domaine ne soit transmis, après 1791, à des héritiers collatéraux.

Ainsi, l’histoire de Villeblevin reflète les évolutions classiques des petites seigneuries rurales, entre pouvoir féodal, influences religieuses et recompositions familiales jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

L’église Saint-Médard et Saint-Michel de Villeblevin
Située à l’extrémité de la longue rue principale du village, l’église Saint-Médard et Saint-Michel domine encore aujourd’hui son ancien cimetière, rappelant la place centrale qu’elle occupe dans l’histoire de la paroisse depuis près de neuf siècles.
Son origine remonte au XIᵉ siècle, entre 1080 et 1120. Le premier prêtre dont le nom soit connu, Estienne, apparaît dans un acte de 1130, témoignant de l’ancienneté de cette communauté paroissiale.
Dès le Moyen Âge, l’église de Villeblevin bénéficie de l’influence du prieuré de Montbéon, situé sur l’actuelle commune de Saint-Agnan. Ce prieuré, attesté dès 1107 dans les chartes de l’abbaye clunisienne de La Charité-sur-Loire, est mentionné en 1204 dans une bulle du pape Innocent III sous le nom de Monte Boio. Par la suite, il passe sous la dépendance de la prestigieuse abbaye Saint-Victor de Paris. Cette tutelle explique les liens étroits entretenus avec la paroisse de Villeblevin, tant sur le plan spirituel que dans l’administration des biens ecclésiastiques.
Le prieuré reçoit plusieurs donations de la vicomtesse de Sens, Ermesende, en 1184 et 1202. Au XIIIᵉ siècle, il est placé sous la protection de la puissante famille des Barres, seigneurs de Chaumont-sur-Yonne, dont l’influence s’étend alors sur une grande partie de la région. Plusieurs membres de cette illustre lignée auraient d’ailleurs été inhumés au prieuré de Montbéon. Grâce à cette double protection, religieuse et seigneuriale, le prieuré connaît un véritable rayonnement dont profite la paroisse de Villeblevin.
Au XVIIᵉ siècle, l’église fait l’objet d’une importante campagne de restauration menée par Claude de Lalanne, chanoine de Saint-Victor de Paris et prieur de Montbéon. Une inscription latine, aujourd’hui disparue, rappelait son action :
Has aedes temporis injuriis pene dirutas restituit ; et domum toparchalem de Villeblevin a fundamentis extruxit…
Cette inscription commémorait la restauration de l’église, alors fortement dégradée par le temps, ainsi que la reconstruction complète de la maison paroissiale de Villeblevin « depuis ses fondations », illustrant le rôle actif joué par le prieuré dans la vie de la paroisse.
L’édifice actuel conserve de nombreux témoignages de son évolution architecturale. Son imposante tour carrée, datée de 1586, est épaulée par de puissants contreforts qui confèrent à l’ensemble une remarquable impression de solidité. Trois portails, aménagés à la fin du XVIIIᵉ siècle, donnent accès à une vaste église à triple nef, où de massifs piliers carrés soutiennent les arcades ogivales du XVIᵉ siècle. Les pilastres d’ordre toscan traduisent les remaniements opérés à la Renaissance, tandis que le clocher, coiffé d’un élégant campanile, domine le paysage de la vallée.
Près du portail occidental, une inscription gravée en 1586 rappelle l’intervention du curé Jehan Rognon :
L’an de grâce de Notre Seigneur, aux chrétiens salut et honneur, cette pierre a été assise par moi curé de cette église… Me Jehan Rognon, le 18 juin 1586.
À l’intérieur, la chaire du XVIIIᵉ siècle complète un mobilier qui s’est enrichi, en 1887, d’un remarquable orgue construit par le célèbre facteur parisien Aristide Cavaillé-Coll, aujourd’hui l’un des éléments les plus précieux du patrimoine communal.
Vendu comme bien national à la Révolution française, le prieuré de Montbéon disparut, mais son influence demeure perceptible à travers l’histoire de l’église de Villeblevin. Héritière de près de neuf siècles de vie religieuse, soutenue successivement par les moines de La Charité-sur-Loire, les chanoines de Saint-Victor de Paris et les puissants seigneurs des Barres, l’église Saint-Médard et Saint-Michel demeure aujourd’hui l’un des plus remarquables témoins du patrimoine historique du nord de l’Yonne.