Vers 1300, le village portait le nom de « Sanctus Martinus de Colle », signifiant Saint-Martin de la Colline. Il fut ensuite appelé Saint-Martin-du-Tartre, puis Saint-Martin-du-Tertre, en référence aux « tombelles ». Ces buttes, ou tertres, sont les vestiges d’anciens postes de vigie gaulois : leur structure interne, faite de poutres de bois, servait à soutenir des tours également construites en bois.

La seigneurie de Saint-Martin fut acquise par l’Archevêché de Sens au XIIIe siècle et le resta jusqu’à la Révolution française. La commune fut provisoirement rebaptisée Martin-Bel-Air.

Le 8 Juin 1420, la ville de Sens tomba aux mains des Anglais et ne put reconnaître le roi Charles VII qu’à la fin de l’année 1429. Dès cette période, la région fut entièrement dévastée. Saint-Martin, comme de nombreux villages alentour, fut abandonné pendant plusieurs décennies, tandis que la nature reprenait possession des terres autrefois cultivées. On peut ainsi estimer qu’entre 1420 et environ 1480, le village de Saint-Martin fut complètement déserté, fait d’ailleurs confirmé par un document de l’époque affirmant que :

« A Saint-Martin du Tertre en 1440, on n’y laboure point depuis la guerre »

L’église surplombante de Saint-Martin

L’église Saint-Martin, érigée sur la colline, domine le village et surplombe la vallée de l’Yonne, accessible depuis des côtes abruptes. Visible à trois kilomètres de Sens, elle occupe une position stratégique pour l’artillerie et la défense du territoire.

Le patronage de l’église, ainsi que la vaste nécropole Mérovingienne qui l’environne, témoignent de l’ancienneté de la paroisse, déjà mentionnée dans le Sacramentaire de Stockholm datant du Xe siècle. L’édifice fut élevé vers 1374 par Nicolas de Véres, avant d’être ruiné puis restauré au cours des Guerres de Religion.

En 1762, Monsieur de Champbertrand visita l’église et donna des instructions en vue de sa restauration. Ce n’est toutefois qu’en 1769 que Monseigneur de Luynes, Seigneur des lieux, prit des dispositions pour la reconstruction du chœur. L’église fut alors fermée, et les habitants proposèrent sa destruction afin d’en édifier une nouvelle, plus proche des habitations. Ainsi, était prévue, une chapelle –plus accessible– en contrebas, au sein même du village de Saint-Martin. Ce projet ne vit cependant pas le jour. Profondément mécontents, les habitants multiplièrent les entraves aux travaux, allant jusqu’à démonter l’échafaudage.

En 1772, le chœur de l’église en restauration, fut achevé, tandis que la nef tombait en ruine. Les travaux, comprenant également l’édification d’un nouveau clocher, s’achevèrent en 1779. Monsieur de VaudricourtChanoine de la Cathédrale de Sens– put alors déclarer que l’église était nouvellement bâtie et des plus convenables.

De dimensions modestes –30 m. de longueur pour une largeur de 7,40 m.- l’édifice fut conçu d’après les plans de l’architecte Gayet. L’édifice est caractéristique des constructions sénonaises, avec un soubassement et des contreforts en grès, ainsi que des fenêtres encadrées de brique. En 1789, les cahiers de doléances font état d’une nouvelle demande de la population visant, à nouveau, à faire déplacer l’église au centre de la commune.

Un renouveau viticole sur les hauteurs de Sens

Saint-Martin-du-Tertre, avec ses coteaux exposés plein sud qui surplombent majestueusement la vallée de l’Yonne, est le théâtre d’une renaissance passionnante. Si le vignoble sénonais a longtemps été le fournisseur privilégié de la capitale, son destin a brutalement basculé à la fin du XIXe siècle.

Ce déclin fut causé par l’arrivée dévastatrice du phylloxéra, un puceron ravageur qui anéantit les racines des vignes, conjuguée à l’essor du chemin de fer qui permit aux vins du Midi, plus solaires et moins chers, d’inonder le marché parisien.

Aujourd’hui, ce terroir calcaire et crayeux retrouve enfin sa vocation première. On y voit refleurir des rangées de vignes qui profitent d’un microclimat privilégié, redonnant au paysage ses lettres de noblesse. Cette reconquête de la pente est portée par une volonté de produire des vins d’exception, une ambition parfaitement incarnée par le vignoble du Domaine des Sénons qui s’y est installé pour redynamiser ces terres historiques.

Les pupitres à découvrir sur la commune