
Ce monument permet de croiser l’histoire de la monarchie, la sculpture du XVIIIᵉ siècle, la naissance du néoclassicisme et l’histoire des idées.
Le mausolée du Dauphin à Sens
Le monument funéraire conservé dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens est celui de Louis de France, dit le Grand Dauphin, fils aîné de Louis XV, mort en 1765, et de son épouse Marie-Josèphe de Saxe, morte deux ans plus tard. Leur présence à Sens est exceptionnelle : contrairement à la tradition qui voulait que les princes de la famille royale soient inhumés à Saint-Denis, le Dauphin avait expressément souhaité être enterré à Sens. Cette volonté s’explique par les liens étroits qui l’unissaient à l’archevêque de Sens, Paul d’Albert de Luynes.
Le Dauphin est très important pour l’histoire dynastique : il est le père des futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Sa mort en 1765 intervient donc à un moment particulièrement sensible pour la monarchie : Louis XV perd son héritier direct et la génération suivante se trouve désormais appelée à porter l’avenir de la dynastie.
Une commande exceptionnelle
Après la mort du Dauphin, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, est chargé de mettre en œuvre le monument funéraire. Il fait appel à Charles-Nicolas Cochin, dessinateur, graveur, théoricien et grand organisateur du monde artistique de la cour.
Cochin joue un rôle essentiel, il ne s’agit pas simplement d’un artiste exécutant, mais d’un concepteur du programme iconographique. Il propose plusieurs projets et s’entoure même des réflexions de Denis Diderot. Un article de François Souchal consacré au monument montre que le projet définitif résulte d’un processus complexe : Cochin élabore plusieurs dessins et le quatrième projet de Diderot est particulièrement proche de l’œuvre finalement réalisée.
C’est donc un monument qui se situe au croisement de plusieurs milieux : la cour, l’administration royale des Bâtiments, les artistes de l’Académie et le monde intellectuel des Lumières.
Pour traduire ce programme en marbre, le choix se porte sur Guillaume II Coustou, dit Guillaume Coustou fils.
La commande est passée en 1766. Le monument est finalement achevé en 1777.
Un tombeau qui ne représente pas le mort
Dans ce monument, on constate quelque chose d’assez surprenant : le Dauphin lui-même n’est pas représenté.
Nous sommes très loin du tombeau traditionnel où le défunt apparaît sous la forme d’une statue, d’une effigie couchée ou d’une représentation solennelle.
Ici, Coustou construit plutôt un grand théâtre allégorique de la mort.
Le monument est organisé autour des urnes funéraires et de plusieurs figures qui représentent les forces morales et spirituelles qui donnent un sens à la disparition du prince.
On y trouve notamment :
- le Temps, qui rappelle que toute existence humaine est soumise à la destruction ;
- la Religion ;
- la Science ;
- l’Amour conjugal.
Le monument devient ainsi moins le portrait d’un homme mort que la représentation d’une idée : que reste-t-il de l’homme lorsque le temps détruit son corps ?
Et la réponse proposée par le programme est très caractéristique de la pensée du XVIIIᵉ siècle : il reste la vertu, la religion, l’amour et la mémoire.
C’est ce qui donne au monument sa dimension presque philosophique.
Le Temps contre l’Immortalité
Le groupe est particulièrement remarquable par le dialogue entre les allégories.
Le Temps est représenté comme une figure masculine puissante et grave. Il appartient au monde de la destruction : il renverse les armes, les constructions humaines, les signes de la puissance terrestre. Il recouvre de son voile l’urne du Dauphin. Le Temps détruit le corps, mais il ne peut pas nécessairement détruire la mémoire. Cette opposition est essentielle pour comprendre le mausolée.
Elle permet également de faire le lien avec l’évolution de la sculpture française dans les années 1760-1770 : on quitte progressivement le vocabulaire très théâtral et mouvementé du baroque tardif pour aller vers une sculpture plus morale, expressive et néoclassique.
Le mausolée de Sens est d’ailleurs souvent présenté comme l’un des premiers grands monuments funéraires français annonçant le néoclassicisme.
L’Amour conjugal : une dimension très originale
Il y a également un aspect particulièrement émouvant. Le Dauphin meurt en 1765. Son épouse, Marie-Josèphe de Saxe, meurt deux ans plus tard, en 1767, de la même maladie, certainement la tuberculose.
Le programme avait été pensé avant la mort de la Dauphine et l’on décida pourtant de ne pas abandonner la conception initiale. Les deux urnes sont alors réunies par une guirlande d’immortelles, symbole de la permanence du souvenir et de l’amour conjugal.
Le monument change donc de statut : ce qui devait être le tombeau d’un prince devient le tombeau d’un couple princier. C’est précisément ce qui explique la présence de l’allégorie de l’Amour conjugal.
On est ici dans une conception nouvelle du monument funéraire : il ne célèbre plus seulement la puissance et le rang du défunt, mais aussi ses qualités privées et morales. C’est une évolution extrêmement intéressante au XVIIIᵉ siècle.
Cochin : le dessin conservé au Trésor
Il existe au Trésor de la cathédrale de Sens un projet de mausolée attribué à Charles-Nicolas Cochin, exécuté vers 1766, à la sanguine et au pastel. Il est précisément identifié comme un « Projet pour le mausolée du Dauphin », sous le numéro d’inventaire TC F45.
C’est une pièce importante qui permet de comprendre que le monument que l’on voit en trois dimensions dans la cathédrale commence par une invention graphique.
On peut presque faire le chemin suivant : Cochin dessine, le programme est discuté et Coustou est chargé de traduire le dessin dans le marbre, mais des collaborateurs exécutent certaines parties. Le dessin conservé à Sens devient donc une sorte de clé de lecture du mausolée.
Coustou et Pierre Julien : une petite précision
Julien, élève de Guillaume Coustou, revient de Rome en 1773 et travaille sous la direction de son ancien maître au mausolée du Dauphin. Plusieurs sources traditionnelles indiquent notamment qu’il aurait achevé certaines parties que Coustou n’avait pu terminer. Mais la nature exacte de sa participation fait débat.
François Souchal signale que des hypothèses ont attribué certaines parties à Pierre Julien, voire à Pigalle, mais que Nicolas-François Dupré serait plutôt à créditer de la principale collaboration au monument.
Le mausolée est conçu par Charles-Nicolas Cochin et réalisé sous la direction de Guillaume II Coustou, avec la participation de plusieurs sculpteurs de son entourage, dont peut-être Pierre Julien, l’un des maîtres du néo-classicisme.
Le destin mouvementé du mausolée
Le monument connaît ensuite une histoire presque aussi mouvementée que celle de la monarchie française. Installé dans le chœur de la cathédrale en 1777, il y demeure jusqu’à la Révolution.
En 1793, dans le contexte révolutionnaire, le tombeau est démonté, par les soins de l’architecte et sculpteur Person. Face aux destructions l’architecte prend le soin de démonter et de mettre à l’abri des éléments artistiques du monument du Dauphin pour les préserver et les utiliser comme modèles pour l’école de dessin. Les dépouilles du Dauphin et de la Dauphine sont elles-mêmes exhumées et jetées dans une fosse commune du cimetière, situé non loin de l’église Saint-Didier, là où se situe l’actuel théâtre réaménagé après 1880. Les sculptures sont donc ainsi conservées.
À la Restauration, Louis XVIII fait rechercher les restes de ses parents et ordonne la restauration et la remise en place du monument. Mais le mausolée ne retrouvera pas définitivement son emplacement d’origine. Au XIXᵉ siècle, il est considéré comme gênant la perspective vers le maître-autel. En 1852, il est donc transféré dans la chapelle Sainte-Colombe, où nous pouvons l’admirer aujourd’hui. Une dalle dans le chœur placée sur la sépulture princière rappelle néanmoins l’emplacement primitif du tombeau.

Pourquoi ce mausolée est essentiel dans l’histoire de l’art
C’est un monument de transition qui appartient encore à la grande tradition de la sculpture monarchique française, mais son langage annonce déjà le néoclassicisme. C’est également un monument des Lumières.
C’est probablement son aspect le plus passionnant car le monument associe : la monarchie, l’art académique, les artistes Cochin, Diderot et Coustou. Il propose une réflexion sur la mort par la représentation d’l’allégories. Il ne s’agit donc pas simplement d’un tombeau royal : c’est aussi une méditation philosophique sur le temps, la mémoire et l’immortalité.
Ce monument profondément lié à Sens
Enfin, ce mausolée donne à la cathédrale de Sens une place tout à fait singulière dans l’histoire de la sculpture française du XVIIIᵉ siècle.
Il ne s’agit pas d’une œuvre secondaire reléguée dans une cathédrale provinciale : c’est une commande royale majeure, confiée à l’un des grands sculpteurs français du règne de Louis XV, pensée par Cochin dans un dialogue avec les idées de son temps, et conservée aujourd’hui, mais dans un contexte sensiblement différent de son emplacement historique d’origine.
Le fait que le dessin préparatoire de Cochin soit lui-même conservé dans le Trésor de Sens est exceptionnel, on possède à la fois le projet et son aboutissement monumental.
À Sens, nous ne regardons pas seulement le tombeau d’un prince : nous regardons une œuvre qui pose une question. Que peut-il rester d’un homme lorsque le Temps a tout détruit ? La réponse de Coustou, de Cochin et de leur siècle tient dans ces figures : la Religion, l’Amour, le Temps et le Science.
QUI SONT LES DEUX DÉFUNTS ?
Il faut commencer par rappeler que le monument n’est pas celui d’un roi. Il est celui de Louis de France, Dauphin, fils aîné de Louis XV et de Marie Leszczynska, mort à Fontainebleau le 20 décembre 1765 à seulement trente-six ans.
Il est surtout le père de trois futurs rois :
- Louis XVI ;
- Louis XVIII ;
- Charles X.
Sa mort est donc un événement dynastique considérable. Mais le Dauphin possède une particularité : il n’est pas simplement le futur roi disparu. C’est un prince réputé profondément religieux, attaché à sa famille et aux arts. Et surtout, il laisse une volonté extrêmement précise : être enterré à Sens. Il souhaite même que son corps soit placé au milieu du chœur, à quelques pas de la chaire. Cette volonté est exceptionnelle, puisque Saint-Denis constitue alors la nécropole traditionnelle de la monarchie française.
C’est donc à Sens que va être créé l’un des plus importants monuments funéraires de la sculpture française du XVIIIᵉ siècle.
UNE ŒUVRE QUI N’EST PAS SIMPLEMENT « DE COUSTOU »
Bien que le mausolée soit sculpté par Guillaume II Coustou, son invention est collective. Le projet passe par plusieurs acteurs.
Le marquis de Marigny, Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, supervise l’entreprise. C’est le propre frère de la marquise de Pompadour.
Charles-Nicolas Cochin est chargé du détail des arts et intervient comme dessinateur et concepteur du programme. Il ne se contente donc pas de fournir un dessin à un sculpteur : il réfléchit à la manière de traduire dans le langage des arts la personnalité et les vertus du Dauphin.
Denis Diderot est sollicité par Cochin pour réfléchir au programme iconographique. Diderot propose plusieurs compositions. Le mausolée devient ainsi une sorte de laboratoire intellectuel : comment représenter un homme qui n’a pas encore été roi, qui meurt relativement jeune et dont la gloire militaire ou politique ne peut pas fournir le répertoire traditionnel du monument funéraire princier ?
Guillaume II Coustou
C’est finalement Coustou qui donne au programme sa forme monumentale. Le travail commence en 1766 et s’étend sur plus d’une décennie. Coustou meurt en 1777, avant l’achèvement complet de l’œuvre. Pierre Julien semble participer aux travaux de l’atelier de Coustou.
CHERCHER LE DAUPHIN… ET NE PAS LE TROUVER
Mais où est le Dauphin ? On peut vainement chercher un portrait. Mais il n’y en a pas. Pas de gisant. Pas de portrait sculpté. Pas de visage héroïque. Pas de statue du prince. Les deux morts sont présents sous la forme de deux urnes funéraires, mais leur apparence physique a disparu. Le monument ne cherche donc pas à conserver leur visage. Il cherche à conserver ce qu’ils représentent.
C’est une rupture importante avec la tradition des grands tombeaux princiers français. Le monument fonctionne davantage comme une méditation allégorique sur le temps, l’amour conjugal, la religion et la science.
L’ARCHITECTURE DU MONUMENT
Le monument associe :
- Le marbre blanc pour les figures ;
- Le granit vert pour les urnes ;
- Le bronze doré pour certains ornements et attributs.
Cette combinaison crée une opposition très efficace :
Le blanc des figures renforce l’idéal, la lumière, la pureté
Le vert sombre du granit donne l’aspect froid et sombre de la matière funéraire
L’or souligne la permanence et la dignité
Les deux urnes constituent le véritable centre du monument. Elles sont reliées par une guirlande de s. C’est donc le lien qui unit les deux morts au-delà de la mort.
LES DEUX URNES : LE TOMBEAU D’UN COUPLE
Le monument est d’abord celui du Dauphin. Puis, en 1767, sa femme Marie-Josèphe de Saxe meurt à son tour. Elle avait demandé à rejoindre son mari à Sens. Le projet n’est pas radicalement transformé. C’est au contraire le programme initial qui prend une signification nouvelle. La guirlande relie désormais les deux urnes.
On pourrait presque dire le tombeau devient le monument d’une réunion. Le thème de la réunion future des époux devient ainsi l’une des clés de compréhension du monument.
LE PREMIER GROUPE : LE TEMPS
Sur l’un des côtés apparaît une figure masculine particulièrement puissante, Le Temps. C’est un vieil homme vigoureux dont l’attribut principal est immédiatement identifiable : la faux. La faux est l’instrument qui coupe. Le Temps devient ainsi celui qui fauche les existences. Mais Coustou ne représente pas simplement un vieillard avec une faux. Par son geste le Temps est en train de recouvrir l’une des urnes d’un voile funéraire. Il ne tue pas ici : il ensevelit, il recouvre et il fait disparaître. Le Temps agit donc sur la mémoire physique du défunt.
LES DÉBRIS SOUS LES PIEDS DU TEMPS
Parmi les éléments que le Temps foule sous ses pieds, on retrouve des armes et des fragments architecturaux. C’est une iconographie très classique du Temps. Le temps détruit les œuvres humaines, la gloire militaire, les monuments et les constructions.
Ainsi, même la puissance humaine n’échappe pas au Temps. C’est particulièrement intéressant pour le tombeau d’un prince car le Dauphin appartient à la famille royale. Mais le Temps traite la puissance royale comme toutes les autres puissances et réduit les signes de grandeur à des fragments.
L’AMOUR CONJUGAL
À côté du Temps se trouve une jeune figure masculine ailée, L’Amour conjugal. C’est une figure particulièrement importante, représentée comme un jeune homme ailé, mélancolique, le geste est dirigé vers un enfant dont il cherche à apaiser la douleur. Nous sommes donc très loin du Cupidon joueur et espiègle. L’Amour est ici devenu une force grave. Il est l’amour qui demeure après la disparition des êtres aimés.
Il est également celui qui explique pourquoi le monument n’est pas simplement un tombeau princier. Il est le tombeau d’un couple. Et cette dimension est suffisamment forte pour que certains historiens voient dans l’ensemble du monument une véritable méditation sur l’amour conjugal plutôt qu’un simple monument dynastique.

L’ENFANT EN LARMES
C’est l’une des figures les plus émouvantes qui se trouve auprès de l’Amour conjugal. Il pleure, mais surtout, il tient entre ses mains une couronne de boutons de s qu’il écrase. Cette couronne est traditionnellement associée à Hyménée, le dieu antique du mariage. Le symbole est donc très subtil du mariage est brisé par la mort, dont l’union terrestre est interrompue, mais pas nécessairement détruite. Elle est appelée à être prolongée symboliquement par l’amarante et par l’idée d’immortalité.
LES CINQ ROSES
Sur le sol, cinq roses sont associées à l’enfant. Elles ont été interprétées comme une allusion aux cinq enfants du couple, dont trois d’entre eux deviendront rois :
- Louis XVI ;
- Louis XVIII ;
- Charles X.
Les roses introduisent donc une dimension dynastique dans un monument qui, paradoxalement, refuse de représenter directement la famille royale. C’est une manière beaucoup plus discrète de parler de la descendance. Le couple n’est pas ici représenté par son portrait. Il l’est indirectement par ce qu’il laisse derrière lui. Les deux représentations masculines s’opposent au groupe féminin.
LA RELIGION
À côté de l’Immortalité apparaît une seconde figure féminine.
La Religion
Elle est immédiatement reconnaissable avec
- la tête couverte ;
- une attitude grave ;
- un crucifix dans la main.
Mais son geste essentiel est peut-être celui que l’on remarque moins au premier regard. Elle présente aux défunts une couronne d’étoiles qui est la récompense céleste. La logique du groupe devient alors extrêmement claire avec Le Temps qui détruit le corps, L’Immortalité qui conserve les vertus et La Religion qui ouvre la perspective du salut. Nous sommes donc devant un véritable parcours spirituel.
LA COURONNE D’ÉTOILES
La couronne d’étoiles est capitale, car dans le vocabulaire chrétien il s’agit de la récompense céleste. Elle signifie que la mort n’est pas le terme absolu de l’existence. Entre l’Immortalité et la Religion se trouve un petit personnage, un putto. Mais là encore, il ne faut pas le prendre pour un simple élément décoratif. Il pleure, et une de ses mains vient essuyer son visage. C’est le premier niveau affectif du monument.
Les grandes allégories expliquent. L’enfant, lui, ressent et il introduit dans le monument quelque chose de presque intime ; faisant ainsi passer une idée philosophique par une émotion immédiatement lisible.
LE GLOBE
Le putto est appuyé contre un globe qui renvoie au monde terrestre, rappelant aussi que les activités humaines s’inscrivent dans un monde soumis au temps. Mais le globe possède une seconde fonction, il sert de support aux attributs intellectuels qui entourent l’enfant.
LE COMPAS
Le putto joue avec un compas d’architecte. Le compas introduit le monde des sciences et des arts. Le Dauphin était réputé pour son intérêt pour les arts et les connaissances. Le monument rappelle donc que sa personnalité ne se réduit pas à sa fonction dynastique et insiste sur la grande culture du prince.
LES ARTS
Autour du putto apparaissent plusieurs attributs renvoyant aux arts et aux sciences :
- musique ;
- peinture ;
- sculpture ;
- sciences ;
- architecture.
Cette accumulation forme une sorte de petit répertoire des arts libéraux et des beaux-arts.
Il faut y voir un hommage au Dauphin mécène et amateur d’art et le monument construit ainsi un portrait moral et culturel du prince.
LES CARTOUCHES ET LES ARMES
Au centre des deux petits côtés du monument apparaissent les plaques commémoratives des deux défunts, entourées de guirlandes. À leur base figurent les armoiries des deux époux, en bronze doré. Le monument conserve les signes de l’identité sociale et politique.
LE BRONZE DORÉ ?
Le bronze doré joue un rôle extrêmement important qui fait ressortir :
- les armes ;
- les guirlandes ;
- certains attributs ;
- les éléments décoratifs.
Sur le marbre blanc, l’or produit des points de lumière. Mais symboliquement, il introduit également quelque chose de précieux et incorruptible. Le bronze ne possède pas la fragilité d’une, il résiste au temps. Le Temps détruit, l’art conserve.
LE GRAND ABSENT : LE PORTRAIT
Le Dauphin n’apparait nulle part sous forme humaine, et pourtant il est partout.
- dans les armoiries ;
- dans les vertus ;
- dans les arts ;
- dans la religion ;
- dans les enfants ;
- dans l’amour conjugal ;
- dans les urnes ;
- dans la mémoire.
C’est une manière très sophistiquée de représenter un personnage, dont on ne représente plus son apparence, on représente ce qui doit survivre de lui.