Villiers-Louis comptait autrefois trois châteaux. Si l’un d’entre eux a disparu, celui faisant face à la mairie – propriété de la famille Couste– reste un symbole de l’histoire seigneuriale du village.

Un mystérieux souterrain aurait existé, reliant ce château à l’extérieur du village, derrière le cimetière, vestige probable de stratégies défensives médiévales.

L’église Saint-Martin

L’église de Villiers Louis a pour Saint patron Martin. Imposante mais d’architecture sobre, elle attire par sa taille remarquable et son vaste transept, qui témoigne de l’ampleur des constructions religieuses médiévales dans la région. Un intéressant vitrail de la fin du XIXe siècle représentant le saint protecteur à cheval se trouve derrière l’autel.

Un des plus grands lavoir de l’Yonne

À Villiers-Louis, rue de l’Église, le lavoir communal s’inscrit dans le vaste mouvement d’aménagements publics qui marque les communes rurales au XIXᵉ siècle. Implanté le long d’une grande pièce d’eau alimentée par une fontaine, elle-même issue d’une source voisine, l’ensemble répondait à un double usage : lieu de lavage du linge et abreuvoir pour le bétail. Comme beaucoup d’ouvrages de cette période, il associe souci d’hygiène publique, amélioration du cadre de vie et mise en valeur des ressources locales en eau.
A noter que le lavoir de Villiers-Louis est l’un des plus grands de l’Yonne. Une plaque commémorative fixe son inauguration au 5 Juillet 1864. Elle mentionne les principaux responsables du projet : M.Cothias, maire ; M.Garlin, curé ; M.Thierry, instituteur ; M.Miton, entrepreneur ; et M.Lefort, architecte. Cette inscription illustre la « trinité communale » du XIXᵉ siècle –maire, curé et instituteur-, figures essentielles de la vie locale sous le Second Empire.
L’architecte de ce lavoir est M. Louis Lefort (1810-1878), collaborateur de Eugène Viollet-le-Duc, notamment lors de la restauration du Palais Synodal de Sens à la même époque. En effet, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, et par suite à la création de l’École des Ponts et Chaussées, ponts et bâtiments publics de l’Yonne sont confiés à des architectes célèbres comme Germain Boffrand, Claude-Louis d’Aviler ou Claude-Nicolas Ledoux.

Si quelques lavoirs-abreuvoirs existaient dès le XVIIIe siècle, leur diffusion se généralise au XIXe siècle. Ils remplacent le lavage au fil de l’eau, source de maladies, et sont conçus pour séparer eaux propres et eaux usées. La construction est caractérisée par la rationalité et l’usage de matériaux locaux (pierre de Massangis). Le grand lavoir de Villiers-Louis illustre pleinement ce savoir-faire, avec confort amélioré, intégration paysagère et élégance architecturale.

D’autres éléments patrimoniaux à découvrir…

Le village se distingue également par son pigeonnier du XVIIIᵉ siècle, aujourd’hui transformé en gîte, et par un patrimoine plus moderne mais tout aussi symbolique : le premier monument aux morts de l’Yonne, inauguré le 14 Septembre 1919, qui rend hommage aux sacrifices de la Première Guerre mondiale.

Le passage de la couronne d’épines du Christ…

La plaine du haut de Villiers-Louis aurait été le théâtre d’une bataille importante, tandis que le pèlerinage du jour de la Saint-Louis commémore le passage de Louis IX et de la Sainte Couronne d’Épines en 1239. Un calvaire rappelle l’endroit où le roi se serait reposé.

Enfin, selon la tradition locale, Marguerite de Provence aurait également passé la nuit à Villiers-Louis avant son mariage.

Les pupitres à découvrir sur la commune