La fontaine pétrifiante et miraculeuse de Saint-Gorgon, chantée par Joachim du Bellay et signalée par Abel Hugo –frère de Victor Hugo– en 1835 comme renommée « à cause des incrustations calcaires dont elle enveloppe les objets qu’on y dépose. »fait l’orgueil de Véron.
Du Bellay rend hommage à la nymphe Veronis
La composition de l’ode sur la « nymphe de Véron » remonte aux derniers mois de 1557. La pièce est restée inédite au moins jusqu’en Septembre 1558, mais le poète Joachim du Bellay en avait déjà distribué des copies manuscrites à ses amis. Certains de ces exemplaires circulaient déjà à Sens, avant même l’impression des Poemata qui parurent sans doute à une période similaire que celle de l’édition de l’imprimeur sénonais Richeboys.
Les allusions très précises que contient le poème à certaines particularités topographiques, prouvent clairement que du Bellay avait une connaissance directe et personnelle des lieux. Il est donc passé par Véron et par Sens, vers l’automne de 1557. Or cette date est précisément celle où se place le voyage qu’il fit, lors de son retour de Rome vers Paris. La pièce en question nous permet de reconstituer son itinéraire à travers la France. Véron, étape de la route de Bourgogne, était située sur une des grandes voies de communication avec l’Italie et sa fontaine constituait une des curiosités de l’itinéraire. Dans son Guide des chemins de France, qui date de 1553, Charles Estienne en recommande la visite en ces termes : « Véron en plaine : voie la belle fontaine qui fait moudre deux moulins, et à un trait d’arc de là l’eau se perd ». Dans le petit appendice qu’il a consacré aux fleuves du royaume, il écrivait encore à ce sujet : « Entre Villeneuve et Sens y a une fontaine dicte Veron qui fait moudre un moulin et à un quart de lieue delà se perd en terre ».
L’église de Véron Saint-Gorgon-et-Saint-Dorothée
Dans son Histoire de Véron, l’abbé Chenot rapporte qu’en 1732 l’ancienne tour de l’église Saint-Gorgon et Saint-Dorothée s’effondra, ébranlant dans sa chute la voûte de la nef. Cet événement dramatique incita les habitants de la paroisse à entreprendre des démarches afin de recouvrer la jouissance de plusieurs arpents de leurs bois communaux, seule ressource dont ils disposaient pour faire face aux situations urgentes, et en particulier à la reconstruction du clocher.
La paroisse, pourtant importante –elle comptait plus de trois cents foyers et regroupait plusieurs hameaux éloignés– , se trouva rapidement confrontée à de nouvelles difficultés : après le clocher, c’est la nef elle-même qui menaçait ruine. Dans l’attente de réparations, un modeste porche provisoire fut aménagé. Deux devis furent établis en 1746, le second se limitant strictement aux travaux les plus urgents.
L’église actuelle de Véron : Une construction mouvementée
L’édifice actuel, dont les travaux ont débuté en 1749 sous la direction de l’entrepreneur sénonais Nicolas Lajoye, a connu des débuts difficiles. Financée par une imposition directe des habitants, faute de bois communaux, sa construction fut marquée par de graves malfaçons. Des fissures et l’affaissement du portail central -obligeant même à scier le haut des portes pour les ouvrir- provoquèrent un long conflit entre les habitants et le bâtisseur. Les Véronais refusèrent même de réceptionner l’ouvrage et d’en acquitter le solde. Finalement, une garantie de trente ans permit de clore le litige, et la tour témoigne encore aujourd’hui de cette solidité retrouvée.
L’architecture de l’église de Véron se distingue par un mélange de styles et d’époques, associant une nef unique sous un berceau de bois à un chœur voûté sur croisées d’ogives. Ce décor sert d’écrin à un mobilier exceptionnel, notamment deux statues équestres en pierre du XVIIe siècle représentant les soldats romains Saint-Dorothée et Saint-Gorgon –martyrs à Nicomédie en 370-, qui sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1984. Le sanctuaire est également paré d’un maître-autel du XVIIIe siècle surmonté d’un tableau figurant les deux martyrs, tandis que les précieuses reliques de Saint-Gorgon reposent à proximité dans des châsses en laiton doré.
Enfin, le tableau du XVIIIᵉ siècle placé derrière le maître-autel figure les deux saints compagnons, vêtus d’armure et de toge, tenant la palme du martyre, tandis qu’un ange, au-dessus d’eux, les couronne de lauriers.
Le nougat Véronais de Maurice HU

La petite histoire dit que Maurice Hu est un jour parti se former du côté de Montélimar, dans la Drôme. Originaire de Gron, l’ingénieur agronome voulait maîtriser la recette traditionnelle du nougat. Il a alors appris tous les fondamentaux dans la Drôme.
De retour chez lui, dans l’Yonne, il a créé sa propre fabrique, en 1929. C’était dans le village de Véron. Les ateliers étaient situés à proximité directe de son propre domicile. Il se dit aussi que puisqu’il fallait trouver un nom aux nougats de Véron, les écoliers du village ont été sollicités. La consultation a débouché sur la création des Nougats du Kangourou, une marque qui a été utilisée assez longtemps.
La fabrique a maintenant plus de 90 ans. Maurice Hu n’est plus de ce monde, mais ses ateliers, transférés dans des bâtiments neufs de la zone artisanale de Véron, lui ont survécu, de même qu’une boutique en coeur de ville de Sens, créée récemment à côté du Marché couvert.
