La tradition rapporte que Colombe, jeune chrétienne espagnole, subit le martyre le 31 décembre 274. Née vers 257 à Saragosse, elle aurait été décapitée à Sens pour avoir refusé de renier sa foi et d’épouser le fils de l’empereur Aurélien. Conduite dans l’arène après trois compagnons, elle aurait été sauvée d’un viol par un ours, devenu son symbole. Son corps décapité aurait été découvert à la fontaine d’Azon à Saint-Clément par Aubertus, qui l’enterra. Une chapelle fut construite, remplacée par la suite par un petit sanctuaire malheureusement également détruit ; tous deux marquaient le lieu de son martyre.

Au VIIe siècle, le roi Clotaire II fonda l’abbaye Sainte-Colombe près de Saint-Denis-lès-Sens, où ses reliques furent conservées. Saint-Thomas-Becket y séjourna de 1165 à 1170. Aujourd’hui encore, un pèlerinage a lieu en juillet, où se trouve sa statue accompagnée d’un ours. En effet, Sainte-Colombe est généralement représentée avec un ours, une épée et un bouquet de lys, symbole de pureté.

La lèpre et la léproserie du Popelin

La léproserie, fondée ou reconstruite par les habitants selon une inscription datée de 1580 visible à l’ouest de la grange, est mentionnée pour la première fois en 1165 dans une bulle (lettre d’un Pape marquée d’un sceau métallique) d’Alexandre III, datée du 23 décembre. Ce document place l’établissement sous la protection du Saint-Siège, confirme aux lépreux la possession de leurs biens et les exempte de toute dîme sur les terres qu’ils exploitaient ou faisaient exploiter.

La chapelle est citée pour la première fois en 1186 dans un acte de Philippe Auguste. Le dépôt des objets du culte au Palais épiscopal de Sens, peu avant 1424, traduit peut-être le mauvais état de la chapelle, dont on sait seulement que le clocher fut réparé vers 1454.

À la suite d’un procès-verbal de visite dressé en 1575, une importante réfection de la léproserie est entreprise. Pourtant, à la fin du XVIIe siècle, la chapelle apparaît de nouveau très dégradée, au point qu’une partie en est démolie.  L’ensemble est ensuite réuni à l’Hôtel-Dieu de Sens, à l’emplacement actuel du Marché couvert.

En 1824, l’ancienne église était devenue une simple ferme de l’Hôtel-Dieu de Sens, protégée par de hauts murs encore décorés de blasons historiques, dont celui du Cardinal de Bourbon.

En 1850, l’ancienne chapelle et plusieurs dépendances sont démolies. Elles sont remplacées par un hangar de trois travées et par une étable pouvant accueillir vingt vaches. Les décennies suivantes voient de nombreux travaux.

La charpente de l’ancienne église aurait été déposée et vendue en 1980.

La « Mairie-école » 

Au XIXe siècle, l’enseignement primaire français se met progressivement en place grâce à plusieurs lois majeures. En 1833, la loi Guizot impose aux communes de plus de 500 habitants d’ouvrir une école de garçons et prévoit la création d’écoles normales pour former les instituteurs. L’enseignement des filles devient progressivement obligatoire.

À partir de 1881, les lois Jules Ferry marquent un tournant décisif : l’école devient gratuite, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans.

Des règles précises encadrent la construction des écoles (loi de 1880) : emplacement central et salubre, normes d’hygiène strictes, limitation du nombre d’élèves. Dans les villages, les bâtiments «Mairie-Ecole» symbolisent la République, avec une séparation nette entre les espaces administratifs et scolaires.

Entre 1834 et 1938, la commune de Saint-Clément développe progressivement ses équipements scolaires, témoignant d’un engagement constant en faveur de l’instruction.

Après la construction d’une première maison d’école, des travaux, demandes de subventions et achats de mobilier sont régulièrement engagés. À partir des années 1870, l’organisation se structure : en 1878, la commune nomme un couple d’instituteurs, loue puis construit des logements avec jardins. Après l’importante épidémie de rougeole en 1887, Saint-Clément réouvre son école et agrandit son espace, notamment avec l’acquisition de la maison Barthélémy en 1890. L’entre-deux-guerres marque une nouvelle étape avec le projet d’une mairie-école et la construction d’une nouvelle école de garçons. Sur un siècle, l’école de Saint-Clément n’a ainsi cessé de s’agrandir et de se moderniser.

La mutation d’un monde de traditions

Longtemps l’agriculture structure la vie des villages. La majorité des habitants vit au rythme des saisons, entre labours, semailles, moissons et travaux d’élevage. Les exploitations sont encore largement familiales et la traction des chevaux et des bœufs demeure essentielle pour travailler la terre. Cependant, cette période marque aussi le début d’une profonde transformation. Les premières machines agricoles font leur apparition : batteuses mécaniques, faucheuses, charrues améliorées puis, progressivement, les premiers tracteurs. Ces innovations permettent de gagner du temps, d’augmenter les rendements et d’alléger la pénibilité du travail. Des entreprises spécialisées, comme l’entreprise Garanger, participent à cette modernisation en proposant du matériel et des solutions adaptées aux besoins des exploitants locaux.

Les pupitres à découvrir sur la commune